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Le ministre Barrette veut éliminer la « culture qui oppose public et privé »

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a promis « d'ouvrir les portes » des établissements de santé aux entreprises privées qui oeuvrent dans le secteur des « sciences de la vie », notamment grâce au futur Bureau de l'innovation de la santé et des services sociaux.

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

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Le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette a plaidé, hier, en faveur de la fin de la « culture qui oppose toujours public et privé » dans la société québécoise.

« Cette culture-là doit disparaître », a dit le ministre Barrette devant un parterre composé de gens d'affaires, notamment de représentants de l'industrie pharmaceutique, dans un hôtel montréalais où il avait été invité par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain à prononcer une conférence intitulée Amélioration et innovation dans le réseau de la santé.

Le ministre Barrette a promis « d'ouvrir les portes » des établissements de santé aux entreprises privées qui oeuvrent dans le secteur des « sciences de la vie », notamment grâce au futur Bureau de l'innovation de la santé et des services sociaux.

Le Bureau de l'innovation de la santé et des services sociaux va devenir un « déclencheur », a dit Gaétan Barrette, pour parvenir à faire disparaître cette culture et ainsi faire prospérer le Québec.

Le ministre a promis par la même occasion que ce Bureau verrait le jour « au premier trimestre de 2018 ». Sa création avait été annoncée le printemps dernier - sans toutefois un échéancier précis - dans le cadre de la Stratégie québécoise des sciences de la vie 2017-2027.

Avec un budget de 15 millions de dollars, le Bureau donnera aux entreprises une « opportunité ponctuelle » - et non une subvention permanente, a-t-il précisé - de mettre en place des protocoles de type « banc d'essai » ou « projet-pilote » en collaboration avec les établissements du système de santé québécois.

Le ministre Barrette a raconté avoir entendu des « histoires désolantes » d'entreprises québécoises qui ont dû se tourner vers les États-Unis pour faire tester leurs produits (des appareils de technologie médicale ou encore des applications à usage médical, par exemple) car elles s'étaient butées à des « portes fermées » dans les établissements de santé québécois.

Un accès à des données dénominalisées

Le ministre de la Santé a aussi promis aux chercheurs et aux entreprises qui travaillent dans le domaine des sciences de la vie un accès « d'ici deux ans » à des données dénominalisées dont elles ont besoin pour faire de la recherche et du développement. « Il en va du succès économique du Québec », a-t-il lancé.

« Le système de santé que l'on a, j'y crois. Je veux qu'il soit viable, et il va être viable à la condition que l'économie du Québec soit forte. Si l'économie du Québec a besoin d'une interface avec le système de santé pour développer des marchés, bien moi, je dis oui à ça », a plus tard précisé le ministre Barrette lors d'une mêlée de presse tenue après sa conférence.

« Ce n'est pas une question de privatisation. N'allez pas écrire que j'ai parlé de privatiser le système de santé, a indiqué le ministre aux médias présents. J'ai dit : interface. Et que vous le vouliez ou non, cette interface-là n'est pas juste incontournable, elle est en quelque part vitale. »

Se tourner vers les États-Unis

De son côté, le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, qui animait la rencontre, a remercié le Dr Barrette de dire « des choses qu'on n'a pas assez entendues de la part d'anciens ministres de la Santé ».

Depuis des décennies, des entreprises québécoises qui font de la recherche sur de nouveaux médicaments ou sur de nouveaux appareils de technologie médicale, et plus récemment des travaux sur toutes sortes d'applications à usage médical, doivent se tourner vers les États-Unis ou d'autres pays dans le monde pour tester et développer leurs produits, déplore M. Leblanc.

« Ce que le ministre est venu nous dire aujourd'hui, c'est que le gouvernement du Québec a pris une décision : les établissements de santé vont être des partenaires d'innovation, s'est réjoui M. Leblanc en mêlée de presse après la conférence. Il va y avoir un Bureau de l'innovation. Ça va permettre aux entreprises d'ici de mettre au point leurs produits, de les tester, ce qu'on appelle des bancs d'essai, et éventuellement de pouvoir croître. »

Présent à la conférence du ministre Barrette, le président-directeur général du Collège des médecins du Québec, Charles Bernard, s'est dit « sceptique » quant à la promesse d'offrir un accès à des données dénominalisées du système de santé à des entreprises privées. « Je suis sceptique parce qu'au Collège des médecins, on demande depuis des années des données pour la régulation de nos membres et on n'y a même pas encore accès. On nous répond qu'on va y avoir accès bientôt », décrit le Dr Bernard.

***

Des pouvoirs accrus pour les « superinfirmières »

L'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec et le Collège des médecins du Québec ont annoncé, hier, avoir conclu une entente qui permet désormais aux infirmières praticiennes spécialisées en première ligne - surnommées superinfirmières - d'amorcer un traitement pour six problèmes de santé chroniques, soit le diabète, l'hypertension artérielle, l'hypercholestérolémie, l'asthme, les maladies pulmonaires obstructives chroniques et l'hypothyroïdie.  « C'est une excellente nouvelle pour la population », s'est réjoui hier le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Les sages-femmes manifestent

Quelques dizaines de sages-femmes ont manifesté hier, devant l'hôtel où le ministre de la Santé Gaétan Barrette prononçait une conférence à l'invitation de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, pour dénoncer le fait que la négociation entourant leurs conditions de travail avec le gouvernement du Québec « tourne en rond » depuis 2015, disent-elles. De son côté, le ministre Barrette a affirmé que la négociation allait « bien », mais que les sages-femmes « butaient sur un principe malheureux ». « Les sages-femmes ne veulent pas participer à une reddition de comptes suffisante [...]. On ne passera pas à côté de cet élément-là », a indiqué le ministre Barrette lors d'une mêlée de presse en marge de sa conférence.




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