Une assiette abordable, mais trop salée et trop sucrée

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Les Québécois visitent moins les banques alimentaires que les habitants des autres provinces canadiennes.

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Les Québécois payent moins cher leur épicerie et sont moins nombreux à manquer de nourriture que les résidants des autres provinces, selon le bulletin alimentaire publié hier par le Conference Board du Canada. C'est la première fois que l'organisme compare les provinces entre elles, après avoir colligé les données de nombreuses sources, dont Statistique Canada. Dans l'ensemble, le Québec est dans la moyenne, mais il se distingue nettement quant à l'accessibilité de la nourriture. Toutefois, les Québécois sont ceux qui consomment le plus de sel, le plus de sucre et le plus de gras saturés de tout le pays. Aperçu des résultats.

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Les Canadiens consomment en moyenne 500 mg de plus que la limite maximale recommandée de 2300 mg de sodium.

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Dans plus de 70 % des foyers canadiens, on lit les étiquettes nutritionnelles.

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« Les aliments au Québec sont très abordables et très accessibles », dit Jean-Charles Le Vallée, directeur associé du Centre des aliments du Conference Board du Canada.

Le Québec reçoit donc un A pour la sécurité alimentaire, soit la capacité à ne pas manquer de nourriture ou même à éviter de craindre d'en manquer. C'est la province avec le plus faible taux d'insécurité alimentaire chez les familles monoparentales. 

Le Nunavut est la région canadienne qui souffre le plus d'insécurité alimentaire. 

Au niveau national, un Canadien sur cinq affirme avoir souffert de la faim durant la dernière année.

Les Québécois visitent également moins les banques alimentaires. « Nous avons utilisé les données de Banques alimentaires du Canada, précise M. Le Vallée. Ce sont donc des données absolues et non relatives. » Le recours aux comptoirs alimentaires n'est donc pas lié au nombre de banques disponibles. 

C'est au Manitoba et à Terre-Neuve-et-Labrador que les banques alimentaires sont les plus visitées et en Alberta qu'elles sont les moins fréquentées.

« Nous avons aussi observé ce qu'on appelle les déserts alimentaires », explique M. Le Vallée. Un désert alimentaire est un endroit où il n'y a pas assez d'offres en aliments sains pour répondre à la demande. Avec un taux d'un peu plus de 0,7 épicerie par 1000 personnes, le Québec finit deuxième dans ce classement fédéral.

Sel, sucre et gras

Les Québécois reçoivent aussi un A pour leur consommation d'aliments sains et leur santé en général, bien qu'ils soient les Canadiens qui consomment le plus de gras saturés, de sel et de sucre. 

Et malgré la trop grande part de nutriments indésirables dans l'assiette, surprise, les Québécois sont moins gros ! 

« Les données utilisées par le Conference Board sont des données autorapportées, nuance Jean-Claude Moubarac, chercheur en nutrition à l'Université de Montréal. Peut-être que les Québécois se voient moins gros qu'ils ne le sont en réalité ? Surtout que la différence avec les autres provinces n'est que de quelques points... » 

Jean-Claude Moubarac estime par ailleurs qu'il faut être prudent lorsqu'on lit les données sur les nutriments, car on ne sait absolument pas de quels aliments ils proviennent. La qualité globale d'un yogourt qui contient du sucre naturel ne se compare pas à celle de biscuits au chocolat achetés en boîte. 

500 mg

Les Canadiens consomment en moyenne 500 mg de plus que la limite maximale recommandée de 2300 mg de sodium.

Vitamines

Le bulletin classe les Québécois souvent parmi les meilleurs dans la consommation des vitamines et minéraux et dans la moyenne nationale ou au-dessus pour la prévalence de plusieurs maladies, dont le diabète de type 2 et l'hypertension.

Fruits et légumes

Comme les habitants de toutes les provinces, les Québécois ne consomment pas assez de fruits et légumes. Tout le monde reçoit la note D dans cette catégorie... 

« C'est là la variable la plus importante, et de loin, estime Michel Lucas, épidémiologiste, nutritionniste et chercheur au CHU de Québec. La faible consommation de fruits et de légumes est liée à plusieurs maladies. Et la patate n'est pas un légume et le jus n'est pas un fruit ! »

Poissons

Le Québec reçoit un C pour la consommation de poisson et fruits de mer, qui est trop peu élevée, comme partout ailleurs au pays. Mince consolation : la province est deuxième dans cette catégorie, derrière la Colombie-Britannique, mais devant toutes les autres, qui se voient remettre la note D...

Étiquettes

Dans plus de 70 % des foyers canadiens, on lit les étiquettes nutritionnelles. La Colombie-Britannique arrive bonne première dans cette catégorie. Le hic, estime Michel Lucas, c'est que la plupart des gens lisent mal les étiquettes. « Les gens regardent le nombre de calories ou la quantité de gras, dit-il. Mais ce n'est pas la quantité de gras qui compte, mais la qualité. On ne peut pas mettre sur un pied d'égalité des chips et des noix ! » 

« De plus, poursuit le chercheur, certaines personnes regardent davantage les allégations faites par le fabricant. Ces allégations ne concernent pas la santé, elles concernent le marketing. Il faut toujours se rappeler qu'il n'y a pas d'étiquette sur une aubergine ou un brocoli. »

40 %

Le Québec reçoit un B pour la catégorie environnement et développement durable, qui regroupe plusieurs variables, dont le gaspillage alimentaire. Dans l'ensemble, le système alimentaire canadien perd environ 40 % de ses denrées, estime le bulletin. Cela représente une perte de 31 milliards de dollars par année. La moitié du gaspillage se fait à la maison, précise Jean-Charles Le Vallée. Toutefois, les Québécois veulent composter ou réduire les pertes. Un peu plus de quatre Québécois sur dix font des efforts pour réduire le gaspillage alimentaire. « C'est génial, estime le chercheur. Il y a une récente conscientisation à cette problématique. » 

Agriculture

Bonne nouvelle : les fermes québécoises sont plus vertes. Pratiquement trois fermes sur quatre ont un plan environnemental bien établi au Québec. À 72 %, c'est la meilleure performance nationale.

Un C pour la salubrité

La salubrité alimentaire est le talon d'Achille du Québec, selon ce bulletin du Conference Board. La province reçoit un C à ce chapitre, bien qu'elle ait le plus faible taux de rappels d'aliments par personne. C'est à l'Île-du-Prince-Édouard que les rappels sont les plus fréquents. Ce sont des données sur certaines pratiques agricoles qui font baisser la moyenne au Québec.




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