Vol massif de narcotiques à l'hôpital Pierre-Le Gardeur de Terrebonne

L'hydromorphone et la morphine sont de puissants opiacés... (ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'hydromorphone et la morphine sont de puissants opiacés avec une haute valeur de revente sur le marché noir.

ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

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Une infirmière vient de reconnaître avoir volé 7743 fioles de narcotiques en moins d'un an à l'hôpital Pierre-Le Gardeur de Terrebonne afin d'approvisionner un réseau de revente.

Mélany Boucher, alors âgée de 23 ans, a subtilisé ces « quantités phénoménales » de morphine et de Dilaudid de l'établissement public en usurpant les codes d'accès de collègues, selon le comité de discipline de son ordre professionnel.

Entre septembre 2015 et août 2016, les vols étaient « répétés », « presqu'à tous les jours vers la fin de la période », précise la décision disciplinaire qui vient d'être rendue publique.

Mme Boucher a été radiée 12 mois pour ses gestes. Elle est aussi accusée de vol, de fraude et de trafic de drogue au criminel.

L'hydromorphone (commercialisée sous le nom de Dilaudid) et la morphine sont de puissants opiacés avec une haute valeur de revente sur le marché noir. Leur utilisation est normalement contrôlée de façon stricte dans les hôpitaux.

L'hôpital Pierre-Le Gardeur ne s'était pas prononcé sur la situation au moment de publier. Il n'a donc pas été possible de connaître le mode de contrôle des narcotiques dans l'établissement.

« VIOLENCE VERBALE ET PHYSIQUE »

Mélany Boucher a expliqué au conseil de discipline de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec qu'elle avait agi sous la contrainte d'une « personne de son entourage » qui la soumettait à « de la violence verbale et physique pour la convaincre » de se livrer aux vols de narcotiques. Le tout afin de « faire de l'argent », a-t-elle expliqué.

« Elle a commencé par refuser, puis dit l'avoir fait à reculons, relate la décision. Malheureusement, les quantités et les demandes de cette personne ont augmenté avec le temps, et elle a continué les appropriations, ayant peur des conséquences pour elle et sa sécurité physique. »

Le conseil de discipline a qualifié cette peur de « raisonnable » et a accepté de la considérer comme un facteur atténuant. Mais du même souffle, il a souligné l'importance pour les professionnels de « rechercher l'aide nécessaire pour respecter ses obligations déontologiques ».

« BRIS DE CONFIANCE »

Le conseil de discipline lui a aussi reproché ses « procédés déloyaux envers des collègues de l'urgence qui avaient confiance en elle » pour avoir accès à un registre de gestion des narcotiques et à un chariot qui en contenait. « Dans les hôpitaux, il est essentiel de pouvoir se fier aux personnes avec qui on travaille. Briser cette confiance par de fausses histoires est grave et inacceptable », a-t-il ajouté.

À sa décharge, a noté le conseil, « elle n'a aucune dépendance à quelque substance que ce soit, elle n'a consommé aucun des narcotiques qu'elle s'est appropriés et n'en a retiré aucun bénéfice personnel ». De plus, l'infirmière « a déjà subi des conséquences importantes de son geste, puisqu'elle a perdu son emploi et fait face à des accusations criminelles ».

Ni Mme Boucher ni son avocate n'ont rappelé La Presse.




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