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Désensibilisation allergique: l'accès au traitement limité par l'abolition des frais accessoires

Les traitements de désensibilisation consistent en une série... (Photo Alain Roberge, Archives La Presse)

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Les traitements de désensibilisation consistent en une série d'injections offertes aux patients souffrant notamment d'allergies respiratoires ou liées aux venins. Au départ, les patients doivent recevoir deux injections par semaine pendant trois à quatre mois. Puis une injection par mois pendant trois à cinq ans.

Photo Alain Roberge, Archives La Presse

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Depuis l'abolition des frais accessoires, certaines cliniques qui offraient des traitements de désensibilisation allergique à leurs patients ont mis fin à cette pratique. Si bien qu'un grand nombre de patients ne savent plus où se faire traiter.

« C'est un dossier chaud depuis des années, mais qui a explosé avec l'abolition des frais accessoires », reconnaît le président de l'Association des allergologues et immunologues du Québec, le Dr Rémi Gagnon.

Cogner à toutes les portes

Allergique aux pollens d'arbres et à l'herbe à poux, la Montréalaise Diane Beaudry recevait des traitements de désensibilisation depuis un an. « Durant chaque saison d'allergie, je faisais des sinusites chroniques, explique-t-elle. Les traitements de désensibilisation m'ont beaucoup aidée. » Mais en février, Mme Beaudry a appris que la clinique qui lui administrait chaque mois son injection ne le ferait plus. « J'étais très inquiète. Parce qu'on doit recevoir le traitement de façon continue. Si on arrête, il faut reprendre du début... », souligne-t-elle.

Le Dr Gagnon explique que les traitements de désensibilisation consistent en une série d'injections offertes aux patients souffrant notamment d'allergies respiratoires ou liées aux venins. Au départ, les patients doivent recevoir deux injections par semaine pendant trois à quatre mois. Puis une injection par mois pendant trois à cinq ans.

Au cours des dernières semaines, Mme Beaudry a cogné à la porte de plusieurs cliniques avant de trouver un établissement offrant toujours des traitements de désensibilisation.

« J'ai trouvé des cliniques privées qui facturaient jusqu'à 40 $ par injection. Mais trouver un établissement offrant le service gratuitement est vraiment difficile. »

Maintenant suivie à la Clinique médicale Angus, Mme Beaudry doit se procurer ses doses à la pharmacie avant d'aller se les faire injecter à la clinique.

Question de frais

Si le traitement de désensibilisation est prescrit par un allergologue, ce sont les médecins de famille qui l'administraient dans leur clinique depuis des années. Le Dr Gagnon explique que la province compte seulement 70 allergologues et qu'offrir ce traitement à tous les patients est impossible. « Le territoire à couvrir est trop grand », dit-il.

Les médecins de famille ont donc commencé à offrir ce service moyennant des frais accessoires, dit-il. Mais depuis l'abolition de ces frais par le gouvernement en janvier, plusieurs ont cessé cette pratique.

« On est désolés pour les patients, mais les médecins se doivent de respecter le cadre légal », affirme le directeur des communications de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), Jean-Pierre Dion. Ce dernier explique que les cliniques ne peuvent plus imposer de frais pour les vaccins ou pour des services offerts par une infirmière dans leur clinique. « Les médecins respectent le cadre légal décrété par le gouvernement, sinon ils s'exposent à des amendes faramineuses », dit-il.

Directrice de la clinique Plexo à Montréal, Sylvie Charest confirme que son établissement n'offre plus de traitements de désensibilisation allergique. « Ce service était offert par des infirmières. Comme plusieurs cliniques, puisque nous ne pouvons plus réclamer de frais accessoires pour ça, c'est difficile d'offrir le service », dit-elle. Les patients de la clinique Plexo ont été redirigés vers la Clinique médicale Angus.

Quelle solution ?

Le Dr Gagnon estime qu'il n'y a « pas vraiment de solution de rechange » pour les patients, à part « sensibiliser les médecins de famille sur le sujet ». « C'est malheureux, parce que plusieurs patients [doivent composer avec les conséquences] », dit-il. Pour Mme Beaudry, le réseau de la santé doit se réorganiser afin de pouvoir offrir le service. « On nous prescrit un traitement, mais on ne peut pas y avoir accès ! », dénonce-t-elle.

Au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), on dit « ne pas avoir été interpellé par les fédérations médicales au sujet d'une problématique particulière avec les traitements de désensibilisation ».




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