Transferts en santé: Ottawa fait du chantage, dit Barrette

Gaétan Barrette... (La Presse Canadienne)

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Gaétan Barrette

La Presse Canadienne

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, accuse Ottawa de se livrer à la menace et au chantage pour forcer les plus petites provinces et les territoires à signer des ententes bilatérales et fragmenter le front commun des provinces en matière de transferts de fonds en santé.

De passage à Montréal, mercredi, le ministre Barrette a dit avoir lui-même reçu, mardi, une missive de son homologue fédérale Jane Philpot, qui n'augure rien de bon, bien qu'il ait refusé d'en dire davantage pour l'instant.

«Nous avons eu une communication hier (mardi) provenant du fédéral qui était juste en deçà de la menace formelle», a-t-il révélé.

«Je n'irai pas plus loin que ça pour le moment, je vais attendre la menace formelle, mais c'est exactement ce qui s'est passé dans les provinces et territoires où il y a eu des ententes bilatérales.»

Gaétan Barrette a de plus affirmé avoir eu confirmation que la Saskatchewan n'avait eu d'autre choix que de signer une entente bilatérale avec le gouvernement Trudeau parce que ce dernier menaçait de réduire unilatéralement ses transferts si la province ne se pliait pas à ses conditions.

Par contre, le gouvernement fédéral, qui a déjà menacé de sévir contre les provinces qui imposent des frais accessoires parce qu'ils vont à l'encontre de la Loi canadienne sur la santé, a permis à la Saskatchewan de continuer à le faire par le biais de cette entente bilatérale.

«Jane Philpot, qui est la grande prêtresse de la Loi canadienne sur la santé, a menacé, avec Bill Morneau, la Saskatchewan de couper les transferts s'ils n'abolissaient pas les frais accessoires et là, pour avoir une entente, ils les maintiennent en place quand même en Saskatchewan, ce qui est illégal? (...) Par définition, c'est scandaleux», s'est insurgé le ministre, qui a fait valoir que la décision d'Ottawa démontre que son financement est insuffisant puisque la province des Prairies ne pourrait boucler son budget en santé sans imposer de tels frais.

Plus tôt dans la journée, le premier ministre Justin Trudeau avait été interrogé sur le financement des soins de santé et les désaccords avec les provinces lors d'un passage en Estrie.

«Je m'entends extrêmement bien avec le premier ministre Couillard et son équipe», a déclaré M. Trudeau à Sherbrooke.

«Il y a bien des dossiers sur lesquels on travaille à merveille. Et il y a d'autres dossiers, et on s'y attend, où on n'est pas tout à fait alignés. Mais c'est comme ça que ça fonctionne une fédération en santé, où on travaille bien ensemble même si on n'est pas toujours parfaitement d'accord.»

Le premier ministre a aussi dit avoir «entendu très clairement des Québécois, même du gouvernement québécois, à quel point les investissements en santé mentale, des investissements en soins à domicile sont importants et c'est en partie pour ça qu'on est en train d'investir des milliards de dollars de plus dans le système de santé.»

Gaétan Barrette n'a fait ni une ni deux face à ces propos: «Tout ce qu'il a comme réponse, ce sont des réponses de cassette, des réponses creuses: »nous travaillons fort pour les Canadiens et les Canadiennes; nous investissons de l'argent«.»

«Est-ce que c'est ça le fédéralisme de collaboration? Le fédéral qui ne collabore pas, qui a promis une collaboration, qui revient à l'historique fédéralisme prédateur» a-t-il laissé tomber.

La désaffiliation de la Saskatchewan - quatrième province avec le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve à s'entendre avec Ottawa en plus des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon et du Nunavut - n'inquiète toutefois pas outre mesure le ministre, qui fait valoir que les six provinces restantes représentent toujours 90 pour cent de la population canadienne.

Depuis Davos, en Suisse, où il participe au Forum économique mondial, le premier ministre Philippe Couillard a réitéré l'invitation lancée plus tôt aux Québécois par son ministre de la Santé à écrire à leurs députés fédéraux pour signifier leur mécontentement face à l'attitude du gouvernement Trudeau.

«Ils nous appellent, nous, à l'Assemblée nationale du Québec sur bien des dossiers et on est là pour ça. Les députés sont là pour ça, autant à la Chambre des communes qu'à l'Assemblée nationale du Québec», a-t-il noté, reprenant à son compte un argumentaire utilisé par une succession de gouvernements québécois, tous partis confondus.

«Au moment où les besoins augmentent, au moment où le gouvernement fédéral donne beaucoup son avis sur le système de santé, il n'est pas logique qu'il diminue la hauteur de sa participation financière», a déclaré M. Couillard.




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