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Déménagement du CHUM: infirmières en détresse

Les cas d'absence pour « maladie psychique » chez les... (Archives La Presse, François Roy)

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Les cas d'absence pour « maladie psychique » chez les infirmières du CHUM ont augmenté de 57 % en six ans, révèlent des données obtenues par La Presse. Le président de leur syndicat, Guy Brochu, soutient que plusieurs de ces professionnelles sont affectées par les nombreux bouleversements liés au futur déménagement du CHUM.

Archives La Presse, François Roy

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En six ans, le nombre de cas d'absence pour «maladie psychique» chez les professionnels en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) a augmenté de 57% et atteint aujourd'hui près de 200 cas, révèlent des données sur l'absentéisme au travail obtenues grâce à une demande d'accès à l'information faite par La Presse.

Pour le président du Syndicat des professionnelles et professionnels en soins de santé du CHUM, Guy Brochu, plusieurs de ses membres sont affectés par les nombreux bouleversements liés au futur déménagement du CHUM.

«Le déménagement prochain du CHUM entraîne beaucoup de questionnements parmi nos membres. Et on n'a pas beaucoup de réponses. On sent qu'il y a vraiment beaucoup de stress sur le terrain», affirme M. Brochu qui dit n'être «pas surpris» par les données obtenues par La Presse.

Changements de plans

Les plans du déménagement du CHUM ont été bouleversés à quelques reprises ces derniers mois. Le pavillon principal du nouvel hôpital devait être livré le 22 avril pour permettre le déménagement des patients, actuellement répartis sur les trois campus, soit l'Hôtel-Dieu, l'hôpital Notre-Dame et l'hôpital Saint-Luc, à l'automne. Mais des retards sur le chantier de construction ont reporté la date de livraison de l'hôpital à novembre. Si bien que les patients ne déménageront dans le nouveau CHUM qu'au printemps 2017.

Céder Notre-Dame plus vite

L'hôpital Notre-Dame, qui devait initialement rester sous la gouverne du CHUM jusqu'en 2020, sera finalement cédé bien avant au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-Montréal, pour devenir un hôpital communautaire, a appris La Presse.

«Effectivement, l'échéancier de 2020 ne tient plus. Nous devrons le céder dès le déménagement du dernier patient», affirme la présidente-directrice générale adjointe du CHUM, Danielle Fleury, qui explique que l'échéancier a été devancé à la demande de Québec.

La porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), Noémie Vanheuverzwijn, explique que la cession des 250 lits du campus Notre-Dame au CIUSSS du Centre-Sud a été devancée au 1er avril 2017. «La raison de ce devancement est de permettre une transition plus fluide au bénéfice des patients pris en charge dans le CIUSSS du Centre-Sud», dit-elle.

Mme Fleury affirme que le CIUSSS du Centre-Sud «manque de lits actuellement» et qu'il est donc «normal» que le CHUM cède l'hôpital Notre-Dame plus rapidement.

Ce nouveau changement insécurise le personnel. Car certains d'entre eux devront quitter le CHUM plus tôt que prévu pour travailler dans le nouvel hôpital communautaire. «Cette incertitude affecte vraiment les gens», constate M. Brochu.

Des choix de postes annulés

En 2015, les professionnels du CHUM avaient participé à un premier processus de dotation afin de choisir leurs nouveaux postes en prévision du déménagement.

«Tout avait été réglé. Mais en décembre, ces choix ont été annulés. On devra refaire le processus cet automne. Les gens se questionnent beaucoup», affirme M. Brochu.

La porte-parole du CHUM, Joëlle Lachapelle, explique que «plusieurs éléments» ont poussé le CHUM à annuler le processus de dotation, notamment le «report de la livraison des clés du CHUM» et la «révision de la cession de l'hôpital Notre-Dame».

Le CHUM reconnaît que plusieurs changements touchent l'organisation actuellement, mais ne voit pas de lien avec la hausse du nombre de cas d'absence pour cause de problèmes de santé mentale chez ses employés. «Car plusieurs raisons, dont des raisons personnelles, peuvent être liées à ça. Nous prenons cette question très au sérieux. Mais nous ne faisons pas de lien direct», dit-elle.

«Il y a des réformes majeures dans le réseau et des coupes un peu partout. Et là, on ajoute le déménagement. Vraiment, les années à venir risquent d'être difficiles. L'être humain a un seuil de tolérance au changement. Mais ici, on est bien près de le dépasser à force de nager dans l'incertitude», affirme pour sa part M. Brochu.

- Avec la collaboration de William Leclerc

***

Nombre de cas d'absence avec diagnostic de «maladie psychique» du personnel en soins infirmiers et cardiorespiratoires du CHUM :

2010-2011 : 126

2011-2012 : 153

2012-2013 : 169

2013-2014 : 166

2014-2015 : 171

2015-2016 : 198

***

Taux d'absentéisme du personnel en soins infirmiers et cardiorespiratoires du CHUM :

2010-2011 : Non disponible

2011-2012 : 7,39%

2012-2013 : 7,88%

2013-2014 : 7,95%

2014-2015 : 8,22%

2015-2016 : 8,65%

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