Chirurgies: Barrette négociera les profits avec les cliniques privées

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Gaétan Barrette

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(Québec) Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, négociera avec les cliniques privées la valeur des profits qu'elles feront grâce au projet-pilote sur les chirurgies d'un jour financées par l'État.

Le Centre de chirurgie Rockland MD, la clinique Chirurgie Dix30 et le Groupe Opmédic «peuvent avoir une marge bénéficiaire, mais qui va être minimale. Ça va être négocié avec eux autres», a affirmé M. Barrette mercredi.

Au cours d'une mêlée de presse, il a d'abord répondu que les cliniques ne feront pas de profits pour ensuite reconnaître le contraire. La marge bénéficiaire sera «des points de pourcentage, ça va être à négocier». «L'objectif ici n'est pas de faire des profits», mais plutôt de réduire les listes d'attente en chirurgie, a-t-il plaidé.

Il a réitéré que les trois cliniques devront faire preuve d'une «transparence absolue» et fonctionner «à livre ouvert».

L'enjeu des profits, «c'est important évidemment pour les oppositions pour crier au meurtre», a tonné M. Barrette. Sur les médias sociaux, la députée péquiste et porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé, Diane Lamarre, a accusé le ministre de «faire financer les cliniques privées de spécialistes par le gouvernement».

Mardi, le ministre a annoncé qu'il fait appel à trois cliniques privées pour opérer des patients aux frais de l'État. Il veut ainsi réduire les listes d'attente pour les chirurgies d'un jour et amorcer sa réforme du financement des hôpitaux.

Il s'agit d'un projet-pilote qui débutera en mai et durera jusqu'au 31 décembre 2018. Cinq régions sont concernées: Montréal, Montérégie, Laval, Laurentides et Lanaudière. Le projet-pilote sera réalisé avec des chirurgiens des établissements publics. Des patients se verront offrir la possibilité de recevoir une chirurgie d'un jour ou une procédure sous scopie à l'une des trois cliniques plutôt que dans un hôpital. Les chirurgiens des hôpitaux iront faire les opérations dans les cliniques privées concernées.

«Ce n'est pas un exercice de privatisation. Le financement sera toujours public», a plaidé M. Barrette mardi.

Rappelons qu'en vertu d'un partenariat controversé ayant fait les manchettes dans les dernières années, Québec avait permis à des chirurgiens de l'hôpital Sacré-Coeur d'opérer des patients aux frais de l'État à la clinique privée Rockland MD. Ce partenariat n'existe plus depuis l'automne, manquait de «transparence», et la formule adoptée en vertu du projet-pilote est «améliorée», a soutenu M. Barrette.

«Le budget d'une année pour le financement des activités du projet-pilote est estimé à environ quatre millions», peut-on lire dans le communiqué. «Il sera financé à même l'enveloppe du programme d'accès à la chirurgie, qui fait déjà partie des crédits du ministère de la Santé et des Services sociaux.»

Dans le budget de quatre millions, «actuellement, il n'y a pas de part attribuée à la marge bénéficiaire», a précisé M. Barrette.

Le projet-pilote vise également à comparer les coûts de chirurgies d'un jour entre les hôpitaux et les cliniques privées. L'objectif est d'avoir «les bons indicateurs» qui permettront «éventuellement d'ajuster le financement des établissements publics» et «améliorer la performance du réseau». Il «soupçonne» les cliniques privées d'offrir des chirurgies à meilleur coût et veut le vérifier. Les conclusions des études sont toutefois contradictoires quant au coût des chirurgies ayant été réalisées à la clinique Rockland MD dans les dernières années, a-t-il reconnu.

Le projet-pilote constitue une première étape visant à mettre en oeuvre la réforme du financement des hôpitaux. Il est question d'implanter le  financement à l'activité - dit «axé sur le patient» - dans les établissements publics. Ceux-ci ne seront plus financés sur une base historique, mais bien selon le volume réel de services donnés aux patients.

Il est difficile selon le ministre de déterminer avec précision le coût moyen d'une chirurgie dans les établissements publics. Cette évaluation doit être menée dans un milieu «fermé», donc une clinique privée. Une chirurgie peut coûter «du simple au double» d'un hôpital à l'autre, a-t-il ajouté.

Selon le ministre, le gouvernement économisera «des centaines de millions de dollars» grâce à la réforme du financement.

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