Des pharmacies ferment faute d'argent

Jean Thiffault, président de l'AQPP.... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE)

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Jean Thiffault, président de l'AQPP.

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Deux pharmacies ont fermé leurs portes ces derniers jours à Montebello et à Asbestos, et des pharmacies de Montréal ont réduit leurs heures d'ouverture, a constaté l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), qui estime que ces événements sont les conséquences directes du non-respect par le gouvernement de l'entente sur leur rémunération.

« Les fermetures et réductions de services risquent malheureusement de se répéter », croit le président de l'AQPP, Jean Thiffault.

Le 19 juin dernier, le gouvernement a signé une entente avec les pharmaciens. Ceux-ci ont accepté de subir des compressions de 400 millions sur trois ans. En contrepartie, Québec s'est engagé à lever le plafond des ristournes. Depuis des années, le plafond des ristournes reçues par les pharmaciens des fabricants de médicaments, qui doivent absolument être réinvesties dans les pharmacies, est gelé à 15 % au Québec.

Depuis septembre, les pharmaciens ont versé 25 millions au gouvernement. Le plafond des ristournes est toutefois toujours gelé. Selon M. Thiffault, certains de ses membres « sont confrontés à des décisions douloureuses ». « Couper dans les soins ou dans l'accessibilité est la dernière chose qu'ils veulent, mais le gouvernement ne leur donne pas le choix », dit-il.

Au cabinet du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, on affirme que l'entente suit le processus prévu par l'Assemblée nationale, ce qui prend un certain temps.

Un nouveau projet de loi qui dérange

Par ailleurs, le projet de loi 81 sur les médicaments, déposé mardi par le ministre Barrette, fait craindre aux pharmaciens la totale disparition de leurs ristournes.

Le projet de loi prévoit que Québec pourra procéder par appel d'offres pour déterminer les versions d'un même médicament qui seraient inscrites à la Liste de médicaments du régime général d'assurance médicaments. Le ministre Barrette croit ainsi générer des « économies substantielles en misant davantage sur la concurrence qui existe entre les fabricants ».

Plus d'un soumissionnaire pourrait être retenu au terme des appels d'offres afin d'éviter les ruptures d'approvisionnement. Tant le régime d'assurance public que privé serait touché.

À l'AQPP, on craint que les fabricants de médicaments ne réduisent les ristournes aux pharmaciens afin de soumettre le prix le plus bas possible au gouvernement.

« L'enjeu est complexe, et le ministre ne le regarde pas dans son ensemble », souligne Jean Thiffault.

Pour Frédéric Alberro, directeur du Regroupement des compagnies pharmaceutiques de recherche du Canada, le projet de loi doit absolument être amendé sous peine de nuire considérablement aux patients.

« En aucun cas il ne doit y avoir d'appels d'offres entre médicaments novateurs », estime-t-il. M. Alberro explique que dans des secteurs comme l'oncologie, la maladie mentale ou le diabète, les patients réagissent différemment aux divers médicaments novateurs offerts. « Si le gouvernement procède à un appel d'offres et ne rembourse qu'un de ces médicaments, des patients en souffriront », dit M. Alberro, qui croit que les médecins doivent avoir accès à un « arsenal thérapeutique » pour pouvoir bien soigner leurs patients.

M. Alberro espère que cet argument sera entendu par le gouvernement dans les consultations entourant le projet de loi 81.

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