Projet de loi 20: Boulerice accuse Québec d'enfreindre la loi canadienne

Alexandre Boulerice... (Archives La Presse)

Agrandir

Alexandre Boulerice

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice accuse le gouvernement Couillard d'enfreindre la Loi canadienne sur la santé avec son projet de loi 20 et demande à Ottawa d'intervenir.

Il a transmis une lettre à la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, pour lui faire état de ses «préoccupations» face au projet de loi, qui «normalise la pratique de facturer» les frais accessoires.

Le lieutenant québécois du Nouveau Parti démocratique (NPD) demande à la nouvelle titulaire du ministère fédéral de la Santé de s'assurer que le gouvernement du Québec respecte la loi fédérale.

Car selon lui, le projet de loi adopté la semaine dernière à l'Assemblée nationale du Québec met en péril les principes d'universalité et d'accessibilité qui sont enchâssés dans la loi fédérale.

«Pendant des années, le gouvernement fédéral n'a pas adéquatement joué son rôle de chien de garde de la Loi canadienne sur la santé», déplore M. Boulerice dans la lettre de deux pages obtenue par La Presse Canadienne.

Le nouveau gouvernement a maintenant l'opportunité d'agir pour protéger et renforcer le régime public et universel, estime l'élu néo-démocrate. «C'est un premier test sur les valeurs progressistes du gouvernement libéral», a-t-il résumé en entrevue téléphonique.

Le député du NPD est conscient que son intervention dans les affaires du gouvernement québécois va prêter flanc à la critique. Mais il ne semble pas trop s'en préoccuper, signalant que la pérennité du système de santé public prime sur les considérations de nature politique.

«On est là pour défendre le principe d'un système de santé gratuit, accessible et universel peu importe quel gouvernement, dans quelle province. (...) On est très inquiets d'un glissement qui existe au Québec depuis plusieurs années», a indiqué Alexandre Boulerice.

Et pour assurer la survie du régime de santé public et universel, «moi, je n'ai pas de misère à dire à la ministre de la Santé fédérale: «Fais ta job, fais respecter la Loi canadienne et les principes qui sont là-dedans'», a-t-il tranché à l'autre bout du fil.

La lettre de M. Boulerice est la seconde que reçoit Mme Philpott en l'espace de quelques jours concernant le projet de loi 20 adopté par le gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Vendredi dernier, le député de Québec solidaire Amir Khadir lui a écrit une lettre pour l'exhorter à intervenir afin d'empêcher le Québec d'imposer des frais accessoires aux patients.

Les trois partis d'opposition à l'Assemblée nationale estiment que l'imposition de ces frais met en péril les principes de gratuité, d'accessibilité et d'universalité des soins de santé, pourtant garantis légalement au Québec et au Canada.

Disant souhaiter «établir une relation constructive» avec les provinces et territoires, la ministre Philpott a indiqué mercredi dans une déclaration écrite que la question des frais accessoires ferait l'objet de discussions.

«Nous aurons l'occasion de discuter prochainement de plusieurs enjeux avec nos partenaires, incluant les frais accessoires. Notre priorité est d'assurer que tous les Canadiens ont accès à des soins de santé», a-t-elle signalé.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer