Le secteur de la santé écopera encore l'an prochain

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À l'imposant ministère de la Santé, Québec réclame en tout 700 millions de compressions, dont 400 millions «d'efforts supplémentaires».

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(Québec) Vous pensiez en avoir fini avec l'austérité budgétaire et les compressions au gouvernement Couillard? À Québec, bon nombre de ministres le croyaient aussi. Or, les ministères de la Santé et de l'Éducation seront lourdement mis à contribution, l'an prochain, pour un nouveau cycle de coupes.

Le Conseil des ministres extraordinaire de lundi dernier a été l'occasion pour le président du Conseil du trésor de faire une mise à jour des cibles de compressions attendues pour l'exercice 2016-2017. À l'imposant ministère de la Santé, Québec réclame en tout, a appris La Presse, 700 millions de compressions, dont 400 millions «d'efforts supplémentaires». Déjà, l'an dernier, le ministère de Gaétan Barrette avait trouvé 1 milliard d'économies.

Pour l'Éducation, autre poste important, la commande est moindre, quelque 200 millions. Le ministère de François Blais avait durement écopé pour l'exercice 2015-2016, avec une croissance des dépenses plafonnée sans ménagement à 0,2% pour l'exercice en cours.

Pour l'ensemble du gouvernement, Québec doit trouver 1,2 milliard de dépenses à sabrer pour l'année financière 2016-2017, alors qu'on se rapprochera de l'échéance électorale de l'automne 2018. Or, la commande du Conseil du trésor est loin d'être passée comme une lettre à la poste. Le ministre Coiteux doit même revenir après la semaine de congé parlementaire, la semaine prochaine, avec des chiffres révisés, à la suite des plaidoyers de ses collègues du Conseil des ministres.

Pour bien insister sur l'importance de satisfaire à ces nouvelles exigences, le premier fonctionnaire, le secrétaire général Roberto Iglesias, entend convoquer les sous-ministres de la Santé et de l'Éducation, Michel Fontaine et Sylvie Barcelo, pour s'assurer que les compressions réclamées seront mises en oeuvre. Pour l'instant, «il en manque un peu». Les réformes importantes imposées par le ministre Barrette à la Santé tardent à donner les économies attendues, explique-t-on.

En tout, ce sont des coupes de 1,2 milliard que doit pratiquer le gouvernement pour assurer son équilibre budgétaire l'an prochain. Une fois les économies en poche à la Santé et à l'Éducation, le reste de l'opération est moins douloureux. On taillera dans une série de programmes de développement économique, secteur où les chevauchements sont nombreux.

Progrès des négociations

Par ailleurs, confirmant les informations publiées hier par La Presse, des syndicats du secteur public ont reconnu que les négociations avec le gouvernement avançaient. La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la Santé, Régine Laurent, a invité le gouvernement Couillard à faire preuve de plus de discrétion sur ces discussions confidentielles.

En effet, les leaders syndicaux se retrouvent dans une situation délicate, eux qui, la fin de semaine dernière, avaient conscrit leurs troupes, leur faisant battre le pavé pour une imposante démonstration de force. Au même moment, les discussions avec le gouvernement employeur progressaient rondement.

La Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN confirmait aussi dans une lettre interne hier les informations publiées, ajoutant que les rencontres de négociations s'étaient multipliées au cours des derniers jours. «Comme on peut le lire dans les journaux ce matin [...], nous avons réussi à faire reculer la partie patronale sur plusieurs irritants, ouvrant la voie à une intensification des pourparlers.»

«Nous avons reçu une proposition patronale sur la formation concernant la loi 90», souligne la centrale dans son message transmis aux 386 groupes affiliés. Cette loi, adoptée sous Bernard Landry, prévoyait de nombreux gestes de reconnaissance du travail des infirmières. Ces dernières revendiquaient son application de façon récurrente.

Québec va aussi jeter du lest en réduisant la pénalité actuarielle qu'il avait envisagée.

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