Hausse des cas de cancers au Canada d'ici 2030

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Selon les estimations de l'organisme, il y aura 196 900 nouveaux cas de cancer au Canada en 2015, la moitié d'entre eux seront des cancers de la prostate, du sein, du poumon et colorectal.

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Helen Branswell
La Presse Canadienne
Toronto

Le nombre de nouveaux cancers diagnostiqués au Canada augmentera de 40 % d'ici 2030, prédit la Société canadienne du cancer dans un rapport publié mercredi.

À première vue, cette projection semble alarmante.

Toutefois l'organisme nuance son propos en attribuant cette hausse à des facteurs démographiques. Le risque d'attraper ce fléau n'augmentera pas nécessairement.

La majorité des cancers sont diagnostiqués chez des personnes âgées entre 50 et 79 ans. La génération des baby-boomers fait maintenant partie de cette catégorie d'âge. De plus, la croissance de la population contribuera à l'augmentation du nombre de cancers.

Selon le directeur adjoint, Politiques de lutte contre le cancer, de la Société, Robert Nuttall, cette prévision reflète le fait suivant: les Canadiens vivent plus vieux. Si plus de gens souffriront d'un cancer au cours des prochaines années, la proportion de Canadiens atteints par une forme de cette maladie ne changera pas.

Si on se fie à ces prévisions, le risque de mourir d'un cancer ne grimpera pas non plus. De meilleurs traitements et des programmes de dépistages permettant de découvrir plus tôt certaines formes de cancer ont permis de diminuer le pourcentage des cas fatals de la maladie.

Pour la Dre Evan Grunfeld, de l'Institut de la recherche sur le cancer de l'Ontario, les gens doivent plutôt se préoccuper davantage du système de santé au pays. Pourra-t-il faire face à l'augmentation du nombre de cas ?

«Le risque d'attraper un cancer ne changera pas. Ce qu'on veut savoir, c'est si on attrape cette maladie, pourrons-nous avoir accès à un médecin de famille avec qui on pourra parler des symptômes, qui amorcera le plus rapidement possible un bilan diagnostique, qui donnera un traitement et qui amènera le plus rapidement possible son patient à la phase de survie», a-t-elle dit.

«Si nous ne sommes pas prêts, la situation sera très, très problématique», a ajouté la Dre Grunfeld, qui n'était pas impliquée dans la préparation de ce rapport.

C'est ce message que la Société canadienne du cancer tente de transmettre en publiant ce rapport préparé en collaboration avec l'Agence de la santé publique du Canada et Statistique Canada.

«On doit commencer à investir dès maintenant, a affirmé M. Nuttall. Notre organisme est impliqué dans le contrôle du cancer depuis plus de 75 ans. Nous voulons que l'on examine comment seront exécutés les programmes et les services (aux malades).»

Selon les estimations de l'organisme, il y aura 196 900 nouveaux cas de cancer au Canada en 2015, la moitié d'entre eux seront des cancers de la prostate, du sein, du poumon et colorectal.

La Société estime aussi que 78 000 Canadiens mourront d'un cancer au cours de l'année en cours.

Une pluralité des nouveaux cas - 28 % - seront diagnostiqués chez des patients âgés de 60 à 69 ans. La plus grande proportion des décès reliés à la maladie - le tiers - se retrouvera chez les gens âgés de 80 ans et plus.

Les auteurs du rapport prédisent que d'ici 2030, le cancer à la prostate sera le plus commun au Canada. Le nombre de cas devrait augmenter de 97 % au cours de cette période.

Le nombre de patients atteints du cancer du sein devrait augmenter de 55 % au cours des 25 prochaines années, celui des cas de cancer colorectal grimpera de 79 %. Quant au cas de cancer du poumon, il sera de 46 % plus élevé qu'en 2005.

Une hausse de 35 % au Québec

Au Québec, le nombre de nouveaux cas de cancer bondira d'au moins 35 % au cours des 15 prochaines années.

Le rapport précise qu'en 2030, 67 000 Québécois recevront un diagnostic de cancer, comparativement à 50 000 cette année.

L'explosion du nombre de cas s'explique essentiellement par la croissance de la population et son vieillissement.

On ne s'attendait pas à une croissance aussi grande, a déclaré en entrevue André Beaulieu, le porte-parole de la Société canadienne du cancer, section Québec.

«En chiffres absolus, au Québec, cela représente de 17 000 à 20 000 cas de plus par année», a-t-il précisé.

Et cette importante hausse réserve des répercussions majeures sur le système de soins de santé.

«Est-ce que le système de santé peut absorber une augmentation de ce type-là? a demandé à voix haute M. Beaulieu lors de l'entrevue. «Probablement que la réponse est non».

Il faut se préparer et planifier un plan d'action dès maintenant, avertit-il. Car en 2030, le Québec aura deux fois plus de personnes âgées de 65 ans et plus.

Bref, pour ce faire, il faut encadrer la population qui vieillit en s'assurant que les gens aient un médecin de famille, et qu'ils aient accès à des tests de dépistage pour détecter les cancers le plus tôt possible. Sans oublier un nombre suffisant d'oncologues et d'infirmières pour prodiguer les soins, explique M. Beaulieu.

Les données indiquent que le cancer sera responsable de 20 900 décès en 2015 au Québec. Les cancers du poumon, du sein, colorectal et de la prostate représenteront 51 % des cas nouvellement diagnostiqués.

Les taux globaux de mortalité par cancer chez les deux sexes sont en baisse au Québec depuis 1988.

Et le risque de développer un cancer ne changera pas beaucoup d'ici 2030. Le rapport précise toutefois qu'il va encore diminuer chez les hommes, mais augmenter chez les femmes.

«C'est probablement dû encore au cancer du poumon. Les femmes ont arrêté de fumer plus tard que les hommes», a expliqué M. Beaulieu. Les hommes ont arrêté en masse de fumer dans les années 1960 et 1970, alors que chez les femmes, la diminution a surtout été notable durant les années 1980.

La Société canadienne du cancer vise à faire grimper d'ici 2030 le taux de survie global du cancer de 63 à 80 %. En 2030, le cancer colorectal deviendra le 2e cancer le plus fréquent après celui de la prostate.

Pour ce faire, le gouvernement doit investir dans la première ligne, soit dans le nombre de médecins de famille qui sont en mesure de conseiller leurs patients sur leur alimentation, les inciter à cesser de fumer et aussi à faire les tests de dépistage appropriés, dit M. Beaulieu qui ajoute que le gouvernement doit continuer à investir dans la recherche.

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