Avortement: l'opposition péquiste craint de voir l'accès se restreindre

La députée Diane Lamarre craint que le projet... (Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne)

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La députée Diane Lamarre craint que le projet de loi 20 déposé par le ministre Barrette modifie la pratique médicale de manière à éloigner les médecins des cliniques d'avortement.

Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

Le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de la Santé Gaétan Barrette ont beau se faire rassurants, l'opposition péquiste demeure convaincue que Québec s'apprête à restreindre l'accès des femmes à l'avortement.

La porte-parole péquiste en santé, la députée Diane Lamarre, a exprimé sa crainte, mardi, en point de presse, que le projet de loi 20 déposé par le ministre Barrette modifie la pratique médicale de manière à éloigner les médecins des cliniques d'avortement.

Selon elle, le projet du ministre Barrette est limpide: faire obstruction à l'accès à l'avortement. Le reste, à ses yeux, ce ne sont que des «voeux pieux» et de beaux discours.

«Son intention est claire. Son intention dans ses orientations réglementaires, c'est pas viable, ça tient pas la route. Et c'est une obstruction à l'accès pour les femmes», a-t-elle souligné, disant attendre du ministre des corrections «par écrit» avant de prêter foi à ses propos.

Fin mars, c'est le Centre de santé des femmes de Montréal qui avait sonné l'alarme, après avoir pris connaissance d'une ébauche du projet de règlement devant suivre le projet de loi.

Le ministre Barrette et le premier ministre Couillard avaient aussitôt nié catégoriquement que le projet de loi et les règlements qui l'accompagneront pouvaient entraîner une quelconque diminution de l'accès à l'avortement.

Selon le ministre de la Santé, il s'agissait là d'une mauvaise interprétation des changements à venir.

Malgré cela, Mme Lamarre croit au contraire que les quotas de patients imposés aux médecins dans le projet de loi 20, de même que les heures de pratique à effectuer en milieu hospitalier, en activités médicales particulières (AMP), feront en sorte que les médecins qui pratiquent des avortements devront forcément en faire moins pour se conformer aux diktats de polyvalence du ministre Barrette.

Elle fait valoir que l'esprit du projet de loi était de modifier la pratique médicale, au lieu de partir des besoins de la population.

«Est-ce qu'on a évalué combien d'interruptions volontaires de grossesse (IVG) on avait besoin d'avoir dans les régions du Québec, sur l'île de Montréal, parce que le problème est beaucoup sur l'île de Montréal?», s'interroge la députée de Taillon.

En mars, pour rassurer les femmes, le ministre Barrette avait fait valoir que les quotas d'avortement avaient été doublés, de 504 à 1008 par médecin.

Mardi, informé de la sortie de Mme Lamarre, M. Barrette a rejeté sans réserve les prétentions de sa critique de l'opposition en santé, qui multiplie selon lui les tactiques de «manipulation» de l'information, voire de «désinformation» dans ce dossier.

Il a réaffirmé sa position, selon laquelle il est «absolument impossible de voir dans le projet de loi 20 l'once, le gramme, le nanogramme de limitation de l'accès à l'avortement».

Le climat s'envenime un peu plus chaque jour entre l'opposition péquiste et le ministre Barrette «qui ne fait même pas d'effort pour essayer de répondre aux questions» qu'on lui pose, déplore Mme Lamarre.

Elle voit dans l'attitude générale du ministre, et particulièrement durant l'étude des crédits du ministère de la Santé, un «déni de démocratie» et «un manque de transparence dans l'utilisation des fonds publics».

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