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Fécondation in vitro: Québec exigera jusqu'à trois ans de rapports sexuels

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À l'heure actuelle, il n'existe aucune balise préalable à l'accès aux traitements de fécondation in vitro ou de procréation médicalement assistée.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Les femmes devront d'abord passer par la chambre à coucher pendant quelques années avant de passer les portes d'une clinique de fertilité, en vertu du règlement qui viendra en appui au projet de loi 20.

Pour se conformer à la loi, les femmes désireuses de devenir mères et qui craignent d'être infertiles devront malgré tout utiliser la bonne vieille méthode éprouvée des rapports sexuels sans contraceptif durant une période déterminée, pouvant aller jusqu'à trois ans.

Ce n'est qu'en cas d'échec qu'elles pourront frapper à la porte d'une clinique de fertilité, en vue d'obtenir une fécondation in vitro (FIV).

Selon les informations obtenues par La Presse canadienne, mercredi, le règlement que compte rédiger le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, va édicter que cette période d'essais imposée aux femmes va varier entre un et trois ans, en fonction de leur âge.

Plus elles sont jeunes et plus elles devront multiplier les tentatives de laisser la nature faire son oeuvre.

Comme il sera impossible de vérifier si les femmes ont vraiment fait leurs devoirs en respectant la durée prescrite au moment de demander un traitement de procréation assistée, Québec misera sur la bonne foi des patientes.

À l'heure actuelle, il n'existe aucune balise préalable à l'accès aux traitements de fécondation in vitro ou de procréation médicalement assistée.

Ce volet du futur règlement fera en sorte de restreindre l'accès à la FIV, qui sera modulé en fonction de quatre catégories d'âge.

Ainsi, on s'attendra à ce que les jeunes femmes âgées de 18 à 30 ans aient eu des relations sexuelles fréquentes sans contraceptif pendant une période minimale de deux à trois ans, pour avoir droit à la FIV.

Pour celles âgées de 31 à 35 ans, la période requise sera de deux ans.

Entre 36 et 40 ans, la femme devra tenter sa chance pendant 12 à 18 mois.

Pour ce qui est des femmes ayant atteint 41 et 42 ans, soit l'âge limite pour se prévaloir légalement de la procédure, le règlement laissera au médecin traitant le soin de déterminer la période requise, le cas échéant.

Après 40 ans, la moitié des femmes cherchant à devenir enceintes ont recours à des traitements de fertilité, surtout la fécondation in vitro.

Malgré le tic-tac impitoyable de leur horloge biologique, les Québécoises ont tendance à reporter toujours à plus tard le moment de fonder une famille. D'où la nécessité d'un coup de pouce de la science, car à partir de 38 ans, les chances pour une femme de donner la vie diminuent rapidement.

On estime que 15% des gens sont infertiles.

Le nombre de femmes âgées de plus de 40 ans et ayant un désir d'enfant ne cesse de croître. En 30 ans, au Québec, soit de 1983 à 2013, le taux de fécondité des femmes âgées de 40 et 44 ans est passé de 2,3 pour 1000 à 10,5 pour 1000, indique l'Institut de la statistique.

C'est pourtant bien plus tôt dans leur vie, à 20 ans, que la fertilité des femmes atteint son sommet.

Quand il avait présenté les orientations du projet de loi 20, fin novembre, le ministre Gaétan Barrette avait indiqué qu'un des buts recherchés était de permettre à l'État de faire des économies (48 millions de dollars par an grâce au changement de mode de financement), la fécondation in vitro étant une procédure complexe et coûteuse (environ 5000$), un autre but étant de diminuer les risques pour la santé de la mère et de l'enfant.

Il avait dit alors que désormais, les femmes infertiles devraient se conformer à une séquence bien précise pour espérer donner la vie.

«La femme souhaitant bénéficier du programme devrait le faire suivant une séquence définie et hiérarchiquement croissante, commençant par la stimulation ovarienne, suivie de séquences, au pluriel, d'insémination artificielle, pour finalement, si les deux premières méthodes échouent, accéder à la fécondation in vitro proprement dite», le tout après «une période minimale de relations sexuelles» qui n'était pas encore définie alors.

Les couples homosexuels ne seront pas visés par ce règlement.

Durant la consultation menée depuis quelques semaines sur le projet de loi 20, plusieurs intervenants, dont l'opposition péquiste, ont réclamé connaître le contenu des règlements devant accompagner la loi pour mieux en évaluer l'impact.

Le ministre a dit qu'il voulait entendre les suggestions des différents intervenants avant de préciser la réglementation. La consultation prendra fin le 25 mars.

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