La cigarette électronique poserait un risque pour le cerveau des ados

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Le risque de développer une dépendance à d'autres drogues pourrait être plus élevé chez les adolescents qui fument la cigarette électronique.

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(San José) La nicotine a un effet différent sur le cerveau des adolescents que sur celui des adultes. À cet âge, le mécanisme de la dépendance est renforcé par la nicotine. Cela pourrait augmenter le risque de dépendance à d'autres drogues pour les jeunes utilisateurs de la cigarette, électronique ou traditionnelle.

Tel est le message qu'a livré hier, au congrès annuel de l'AAAS, un dirigeant du prestigieux Institut national de la santé des États-Unis (NIH), qui supervise une bonne partie des subventions gouvernementales en recherche médicale aux États-Unis. «Aux États-Unis, les adolescents ont plus tendance à "fumer" la cigarette électronique que la traditionnelle, parce qu'ils ont l'impression que c'est meilleur pour la santé», explique Wilson Compton, directeur adjoint de la division du NIH qui s'occupe des abus de drogues (NIDA). «À la lumière des études montrant l'effet à long terme de la nicotine sur le cerveau des adolescents, c'est très inquiétant.»

En 10e année, l'équivalent de la 4e secondaire, deux fois plus d'adolescents (16% contre 7%) consomment occasionnellement la cigarette électronique plutôt que la traditionnelle (dans les 30 derniers jours). Au Québec, les deux types de cigarettes sont plutôt à égalité chez les ados.

La cigarette électronique est un don du ciel pour les fumeurs qui n'arrivent pas à écraser malgré plusieurs essais, dit le Dr Compton. «Mais pour les adolescents, la cigarette électronique n'a pas de bénéfices très évidents, dit-il. Même si les impacts directs sur la santé ne semblent pas importants et pourraient même être négligeables, personne ne veut qu'un adolescent devienne dépendant à la nicotine. Et il y a ces études d'imagerie médicale qui montrent qu'essayer la cigarette électronique à l'adolescence, quand le cerveau n'est pas encore complètement développé, facilite l'acquisition d'une dépendance à la nicotine par la suite.»

Le risque de dépendance à d'autres drogues se base sur des études animales du neuropsychiatre américain Eric Kandel, qui a reçu en 2000 le prix Nobel de médecine pour ses travaux sur la mémoire. «Les souris de Kandel devenaient plus rapidement dépendantes à la cocaïne si elles étaient déjà dépendantes à la nicotine, explique le Dr Compton. Ça montre qu'il faut être très prudent avec la cigarette électronique et les ados.»

Ces données pourraient mener à une réglementation sévère de la cigarette électronique, notamment pour la publicité et l'utilisation en public, selon le Dr Compton.

***

Notre journaliste couvre le congrès annuel de l'Association américaine pour l'avancement de la science (AAAS) à San Jose, en Californie. C'est le plus grand congrès de science généraliste du monde.

En chiffres

> 38% des Québécois de 4e secondaire ont déjà essayé la cigarette électronique

> 46% des Québécois de 4e et 5e secondaireont déjà essayé la cigarette traditionnelle

> 7% des Québécois de 4e et 5e secondaire se définissent comme fumeurs

Sources: Santé Canada, INSPQ

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