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Avenir incertain pour la clinique de reproduction du CUSM

Le sort du programme québécois de procréation assistée... (Photo: Martin Chamberland, archives La Presse)

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Le sort du programme québécois de procréation assistée n'est pas encore fixé au ministère de la Santé.

Photo: Martin Chamberland, archives La Presse

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L'avenir de la plus importante clinique de procréation assistée au Québec est incertain. Le déménagement de la clinique du centre de reproduction du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) est pour l'instant suspendu, le temps que le sort du programme québécois de procréation assistée soit fixé. La Presse a également appris que les services de fertilité ne font pas partie des soins censés être offerts par l'hôpital universitaire anglophone

Au cabinet du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, on confirme que «la procréation assistée ne fait pas partie du plan clinique du CUSM».

La clinique de procréation du CUSM a pourtant été créée par un groupe de médecins en 1996, dans les locaux de l'hôpital Royal Victoria. Le printemps prochain, l'hôpital déménagera sur le site de la cour Glen. Mais là-bas, aucun espace n'a été prévu pour la clinique de procréation.

Le CUSM prévoyait établir sa clinique de procréation au 5252, boulevard De Maisonneuve Ouest, mais le Ministère a demandé au CUSM d'attendre.

«Le programme québécois de procréation assistée soulève plusieurs enjeux, et ce, pour l'ensemble du réseau de la santé et des services sociaux au Québec, ce qui implique que les projets en immobilisations en cours d'élaboration sont suspendus», explique la porte-parole du ministère de la Santé, Stéphanie Ménard.

Une clinique privée

La Presse a appris que le statut de la clinique de reproduction du CUSM soulève également des questions, car l'établissement serait privé, à tout le moins en partie, selon une source bien au fait du dossier. Et Québec hésiterait à continuer à permettre l'installation d'une clinique privée dans un hôpital universitaire.

Au CUSM, on assure que la clinique de reproduction est publique. «Nous remplissons notre mandat en ce qui a trait au nombre de cycles prévus au plan clinique [...] La clinique reçoit des demandes supplémentaires pour des traitements en privé et procède à environ 70 cycles par année qui ne sont pas couverts par la RAMQ. Ce sont souvent des anciens patients qui ne sont plus couverts par la RAMQ étant donné qu'ils ont atteint le nombre de cycles maximal couvert par le programme. L'objectif est d'assurer une continuité de soins avec les médecins traitants», explique la porte-parole du CUSM, Vanessa Damha.

Celle-ci ne peut se prononcer sur l'avenir de la clinique. «Nous sommes dans l'attente de la décision du Ministère sur l'avenir du programme de procréation assistée avant d'en entreprendre les travaux de construction», dit-elle.

Le ministre Barrette doit annoncer prochainement quel sera l'avenir du programme québécois de procréation assistée.

Coupes au CHUM

Par ailleurs, La Presse a appris que le directeur de la clinique de procréation du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), le Dr Jacques Kadoch, et une haute cadre du même service viennent de voir leur rémunération considérablement réduite.

Comme le rapportait le quotidien The Gazette lundi dernier, Québec a diminué les salaires de 1000 gestionnaires de la santé au cours des dernières semaines pour économiser de 7 à 10 millions par année.

Le Dr Kadoch aurait ainsi vu son salaire de directeur de la clinique amputé de 80 000$ et serait l'un des gestionnaires de la province ayant subi la plus forte baisse. Joint par téléphone, le principal intéressé n'a pas voulu commenter sa situation. «Mais je veux dire que nous avons l'une des meilleures cliniques de fécondation au monde», a dit celui qui envisageait la semaine dernière de remettre sa démission.

Le Dr Kadoch ajoute que la construction des centres de procréation publics a coûté des millions et que Québec «ne peut pas» les éliminer froidement.

Au cabinet du ministre Barrette, on «refuse de commenter le cas par cas».

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