Des citoyens s'adresseront aux tribunaux pour bloquer la réforme de la carte électorale qui prévoit la fusion des circonscriptions de Mont-Royal et d'Outremont.

Un comité qui rassemble des citoyens et des élus a annoncé vendredi avoir retenu les services de l'avocat Julius Grey pour intenter un recours juridique dans les prochaines semaines.

« En tant que citoyenne, mon droit est brimé, a dit la coprésidente du comité, l'ex-députée fédérale Marlene Jennings. Mon droit constitutionnel d'avoir un droit de vote et une représentation effective et un vote de parité relative est complètement brimé par la décision de la Commission de la représentation électorale. »

Le groupe a organisé une collecte de fonds dans les dernières semaines et a cumulé des milliers de dollars pour financer la poursuite. Des villes se sont jointes à la mobilisation. Mont-Royal s'est notamment engagée à égaler tout don individuel à la cause jusqu'à concurrence de 10 000 $.

Le Directeur général des élections (DGEQ) a annoncé début mars avoir renoncé à faire disparaître la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques, siège de la députée de Québec solidaire Manon Massé. Il a plutôt opté pour son plan initial, soit de fusionner Mont-Royal et Outremont. La nouvelle carte prévoit aussi un remodelage de la circonscription voisine de D'Arcy-McGee.

Cette idée avait pourtant été critiquée lors des consultations publiques organisées par la Commission de la représentation électorale. Plusieurs intervenants avaient souligné que la fusion Mont-Royal-Outremont diluerait de manière indue le poids politique de ce secteur, où résident une importante communauté anglophone et plusieurs minorités culturelles.

Le militant libéral Jean Masson, qui participait à la consultation, a commandé un avis juridique au professeur Jean-François Gaudreault-DesBiens, constitutionnaliste à l'Université de Montréal. Selon cette opinion, la disparition de Mont-Royal est porteuse « de violations potentielles des droits démocratiques fondamentaux ».

Le comité citoyen ne souhaite pas que le DGEQ abolisse Sainte-Marie-Saint-Jacques, comme il avait envisagé de le faire, a indiqué Mme Jennings. Il milite plutôt pour une représentation politique adéquate à l'Assemblée nationale pour l'ensemble de l'île de Montréal, ainsi que des nombreuses minorités qui y habitent.

Le DGEQ a déjà indiqué que la carte électorale présentée le 2 mars est finale et il n'a pas l'intention de la changer d'ici aux élections de 2018.

Le DGEQ a déjà indiqué que la carte électorale présentée le 2 mars est finale. Sa porte-parole, Alexandra Reny, a confirmé vendredi qu'il n'est pas question de la changer d'ici aux élections de 2018.