Accueil froid pour Trudeau en Inde

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau, accompagné... (PHoto Sean Kilpatrick, La Presse canadienne)

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Le premier ministre du Canada Justin Trudeau, accompagné de sa femme Sophie Grégoire et de leurs enfants, a visité hier le temple Akshardham, à Ahmedabad, en Inde.

PHoto Sean Kilpatrick, La Presse canadienne

La première visite officielle du premier ministre Justin Trudeau en Inde s'enlise dans la controverse. Au pays depuis samedi, M. Trudeau n'a pas encore rencontré le premier ministre Narendra Modi et ne doit pas le rencontrer avant vendredi. Résultat : des observateurs en Inde et au Canada affirment que le premier ministre est « snobé » par son homologue indien. Explications.

IGNORÉ

M. Trudeau, qui voyage avec toute sa famille, a été accueilli le 17 février par un ministre junior à l'aéroport de New Delhi. Le lendemain, il a été ignoré par les hauts fonctionnaires du gouvernement lors de sa visite du Taj Mahal avec sa femme Sophie Grégoire. Des médias ont souligné que le ministre en chef de l'Uttar Pradesh, où se trouve le célèbre mausolée, n'est pas allé le saluer. Cette tiédeur contraste avec l'accueil réservé à d'autres chefs de gouvernements étrangers par le premier ministre Modi, au pouvoir depuis 2014. En janvier, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a été chaleureusement accueilli à l'aéroport par M. Modi lui-même, qui avait aussi reçu personnellement le président américain Barack Obama en janvier 2015 et le prince héritier d'Abou Dhabi, Cheikh Mohammad bin Zayed Al Nahyan, en janvier 2017.

DÉSASTRE

« C'est un désastre », affirme Vivek Dehejia, professeur agrégé à l'Université de Carleton, à Ottawa, actuellement en Inde. « Le fait qu'un ministre junior ait été envoyé pour recevoir M. Trudeau et sa famille est une grave insulte. » Ce n'est pas tout : les photos, les manchettes et la frénésie des médias sociaux qui accompagnent habituellement les voyages à l'étranger de M. Trudeau sont inexistantes. M. Modi n'a pas publié un seul tweet pour souhaiter la bienvenue à M. Trudeau. « La première visite officielle du premier ministre du Canada en Inde n'est pas la grande fête d'amour à laquelle il doit être habitué lors de ses voyages outre-mer », a écrit la BBC, hier.

SÉPARATISME

Pourquoi l'accueil indien est-il si froid ? Le séparatisme khalistanais serait au coeur du problème, de l'avis de plusieurs. M. Trudeau, qui compte quatre ministres sikhs dans son cabinet, ne dénonce pas assez fortement les radicaux khalistanais et le mouvement indépendantiste sikh, croit M. Dehejia. « Le Parti libéral dépend beaucoup des votes de la communauté sikhe canadienne, souligne-t-il. Ce voyage est une façon pour M. Trudeau de mousser sa popularité auprès des Indo-Canadiens. » Il y a quelques jours, le ministre en chef du Punjab, Amarinder Singh, a déclaré à un magazine indien qu'« il semble y avoir des sympathisants khalistanais au sein du cabinet Trudeau ». Il avait refusé, l'an dernier, de rencontrer le ministre canadien de la Défense, Harjit Sajjan, alléguant qu'il était « un sympathisant khalistanais », tout comme le ministre de l'Infrastructure Amarjeet Sohi - ce que les deux ont nié.

GASPILLAGE

Le rencontrera-t-il cette année ? Oui. Après avoir dit qu'aucune rencontre n'était prévue, l'entourage de M. Trudeau a fait savoir hier que le premier ministre rencontrera M. Singh demain à Amritsar. Selon David Malone, recteur de l'Université des Nations unies à Tokyo depuis 2013 et envoyé du Canada en Inde de 2006 à 2008, « la philosophie politique de [Stephen] Harper, qui passe du temps en Inde depuis son retrait de la scène politique canadienne, serait probablement plus proche que celle de M. Trudeau des orientations politiques de M. Modi ». Les six ministres qui accompagnent M. Trudeau en Inde ont peu d'engagements officiels, à part la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui s'entretiendra avec son homologue Sushma Swaraj avant la rencontre des premiers ministres, à New Delhi, le 23 février. « C'est un gaspillage énorme d'argent des contribuables puisque peu de travail sera accompli », estime le professeur Dehejia, de l'Université de Carleton.




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