Jusqu'à 30 000 colis de pot livrés à domicile par semaine par la future SQDC

La Société des alcools du Québec est à... (PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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La Société des alcools du Québec est à la recherche d'un fournisseur de « service de livraison et transport à domicile des commandes clients pour le cannabis récréatif » de la future Société québécoise du cannabis.

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Société d'État cherche entreprise de transport rapide, pour service de livraison de cannabis à domicile en 48 heures ou moins, partout en province. Jusqu'à 30 000 colis par semaine. Pour plus d'info : appelez la SAQ.

Si les appels d'offres du gouvernement étaient rédigés comme des petites annonces, c'est à peu près la forme que prendrait celui que vient de diffuser la Société des alcools du Québec pour trouver un « service de livraison et transport à domicile des commandes clients pour le cannabis récréatif » de la future Société québécoise du cannabis (SQDC).

L'appel d'offres précise que les livreurs de l'entreprise choisie par la SAQ devront obligatoirement effectuer « en tout temps la validation de preuve d'âge lors de la livraison finale au client ». À défaut de s'assurer que 100 % des commandes sont bien livrées à des clients majeurs, l'entreprise de livraison recevra un avis écrit et pourrait écoper d'une amende de 5000 $ dès la deuxième infraction, 20 000 $ à la troisième, et 40 000 $ à la quatrième, en plus de risquer une résiliation immédiate de son contrat, précise l'appel d'offres.

Les clients devront, selon le document, présenter leur passeport, leur permis de conduire ou encore leur carte d'assurance maladie au livreur qui se rendra à leur domicile. 

« Il n'est pas question que les livreurs laissent les colis dans la boîte aux lettres. Il y a une nécessité pour les livreurs de vérifier l'âge, mais aussi de s'assurer qu'il s'agit bien de la bonne personne à qui ils les donnent. Le petit frère ne pourra pas accepter le colis de son grand frère. » - Mathieu Gaudreault, porte-parole de la SAQ

Selon l'appel d'offres, « le volume estimé de colis à cueillir et livrer correspond à des quantités pouvant varier entre 20 000 et 30 000 colis par semaine de 7 jours ». Les livraisons devront être faites dans un délai maximum de 48 heures, sauf si le client n'est pas présent pour recevoir le colis. En cas d'absence, celui-ci devra être en mesure de récupérer son paquet « à un point de chute situé à l'intérieur d'un rayon de 15 km de son adresse de livraison. »

« Est-ce qu'il y aura des frais de livraison ? On ne peut pas le dire à ce moment, ça va dépendre de la conclusion de l'appel d'offres », indique le porte-parole de la SAQ.

« Avec les 20 succursales qui seront ouvertes à la légalisation, nous ne serons pas capables de couvrir l'ensemble du territoire québécois. Nous estimons qu'environ 30 % de toutes nos ventes seront faites en ligne, précise M. Gaudreault. Nous n'avons pas de statistiques sur lesquelles nous baser, alors c'est une évaluation basée sur ce qu'on pense qu'est le marché récréatif actuel et sur ce qu'il sera dans le marché légal. Mais pour éliminer le marché noir, c'est clair qu'il va falloir offrir de la livraison à domicile », estime-t-il.

VOLUME « ÉNORME, MAIS RÉALISTE »

« Ça peut sembler énorme comme volume, mais c'est réaliste », estime Émilie Dansereau-Trahan, chargée de dossiers à l'Association pour la santé publique du Québec, en se basant sur les statistiques de consommation actuelles.

« Le marché noir livre du cannabis à ses clients à l'intérieur de la même journée. C'est clair qu'avec des délais de 48 heures, plusieurs consommateurs vont continuer à aller vers le marché noir, mais avec le temps, cela risque de devenir marginal. » - Émilie Dansereau-Trahan, chargée de dossiers à l'Association pour la santé publique du Québec

La distribution directe entre les producteurs de cannabis et les clients est interdite dans le projet de loi actuellement à l'étude. La SAQ demande aux fournisseurs qui participent à l'appel d'offres de lui proposer des « incitatifs monétaires reliés au volume transporté (rabais-volume) » (entre parenthèses dans le document).

« C'est un incitatif qui ne s'applique pas à la clientèle, et il ne vise absolument pas à augmenter la consommation. C'est une façon de réduire nos coûts, et de la façon dont les contrats sont construits avec nos fournisseurs de cannabis, il n'y a pas de rabais d'échelle de prévu », assure M. Gaudreault.

- Avec William Leclerc, La Presse




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