Femmes autochtones stérilisées: un rapport troublant, dit la ministre Bennett

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La ministre des Affaires autochtones du Canada, Carolyn Bennett

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Kristy Kirkup
La Presse Canadienne
OTTAWA

La ministre des Affaires autochtones du Canada se dit troublée par une étude selon laquelle des femmes de la région de Saskatoon, en Saskatchewan auraient été contraintes à subir la ligature des trompes.

Lors d'une entrevue avec La Presse canadienne, Carolyn Bennett a déploré que des médecins soient encore prêts à imposer à certaines patientes leur vision de ce qu'est une «famille de taille optimale». Selon elle, cette étude constitue une preuve de racisme au sein d'un système de santé qui ne s'est pas départi de ses préjugés contre les femmes autochtones.

«C'est une approche très paternaliste. Je crois qu'une fois de plus, nous faisons face au racisme présent dans toutes nos institutions», a-t-elle soutenu.

Le rapport a été rédigé par Yvonne Boyer, une avocate et titulaire d'une chaire de recherche du Canada à l'Université du Manitoba à Brandon, et la docteure Judith Bartlett, une chercheuse et médecin.

Elles ont documenté la façon dont certaines femmes autochtones de Saskatoon et des environs avaient été forcées de subir la ligature des trompes ou de les resserrer après avoir accouché à l'hôpital.

La plupart des femmes interrogées ne se souvenaient pas non plus avoir consenti à la procédure ou l'ont fait parce qu'elles étaient épuisées et trop accablées pour argumenter plus longtemps, ont découvert les chercheuses.

Leur étude laisse entendre également que des médecins justifiaient les ligatures des trompes afin d'aider les femmes autochtones à gérer la taille de leur famille.

«Les docteurs et les infirmières me disaient : «C'est pour ton bien. Vous avez tous ces enfants. Profitez-en pendant que vous les avez'», a raconté une des femmes interviewées.

Évaluation externe

La Saskatoon Health Region a dit qu'elle regrettait profondément ce qui s'était passé, reconnaissant qu'elle n'avait pas réussi à traiter les femmes avec le respect, la compassion et le soutien qu'elles méritent.

Elle a demandé une évaluation externe après que les patientes eurent parlé aux médias dans le but de sensibiliser la population sur ce qu'elles avaient vécu.

Mme Bennett, qui est aussi médecin, a mentionné que la discrimination en santé exigeait une attention immédiate, notant qu'il peut être très difficile pour les patientes de négocier avec les fournisseurs de soins de santé, qui portent un préjugé inconscient.

Elle a également fait référence à un rapport de 2015, intitulé First Peoples, Second Class Treatment, qui a exploré le racisme dans le système de santé et recommandé d'améliorer la collecte de données sur la santé des Autochtones afin de prévenir que le racisme ne cause pas des disparités dans les soins.

En effet, les allégations de mauvais traitements motivés par le racisme ne se limitent pas qu'aux policiers et au système judiciaire, a dit Mme Bennett.

«C'est aussi dans ma profession. Je crois que tout le monde est très au courant que ce ne sont pas seulement les déterminants sociaux de la santé qui expliquent les écarts dans les résultats en matière de santé. C'est aussi la qualité des soins que (les patients) reçoivent», a-t-elle indiqué.

Mme Boyer et Mme Bartlett soupçonnent que l'expérience vécue par les femmes en Saskatchewan n'est probablement pas exclusive à la province, ajoutant qu'un regard plus complet aiderait à déterminer l'ampleur du problème ailleurs au Canada.

Les femmes autochtones ayant partagé leurs histoires pour le rapport souhaitent également une évaluation nationale, selon elles.




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