Alcool: le «laxisme» du gouvernement critiqué par le Conseil d'éthique

La surconsommation d'alcool est banalisée dans certaines publicités... (Photo Natacha Pisarenko, AP)

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La surconsommation d'alcool est banalisée dans certaines publicités et promotions, laisse entendre le Conseil d'éthique de l'industrie québécoise des boissons alcooliques.

Photo Natacha Pisarenko, AP

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Le Conseil d'éthique de l'industrie québécoise des boissons alcooliques blâme encore une fois le gouvernement du Québec pour son laxisme dans l'application des lois sur l'alcool.

La surconsommation d'alcool est banalisée dans certaines publicités et promotions, et la règle du prix minimum pour la bière est contournée par des stratégies commerciales, a déploré au cours d'une entrevue, lundi, Claude Béland, président du Conseil d'éthique.

L'organisme s'inquiète particulièrement du fait que «pratiquement toutes les chaînes» de supermarchés ont eu recours à une promotion voulant qu'avec l'achat de bière soit offert un rabais sur d'autres produits, sur le panier d'épicerie, sur de l'essence ou sur des produits de restauration.

M. Béland affirme que son organisme -qui n'a pas de pouvoirs coercitifs- a rencontré des dirigeants de grandes chaînes pour tenter de les convaincre de respecter non seulement la lettre, mais aussi l'esprit de la loi. Et qu'il s'est fait répondre que les chaînes se devaient d'agir ainsi à cause de la forte concurrence.

«Les gens trouvent toutes sortes de moyens pour contourner la loi. Quand on fait la démonstration qu'ils font indirectement ce qui est défendu directement, la Régie dit: "Oui, on va intervenir". Mais avant qu'on ait des résultats -quand on en a- les gens disent: "On a envoyé ça à la police municipale". Et la police a bien d'autres choses à faire», a rapporté M. Béland.

Il croit donc qu'il appartient au gouvernement et à ses instances de réglementation d'agir pour appliquer plus fermement les dispositions de la loi.

«La Régie [des alcools, des courses et des jeux] a une bonne réglementation, mais elle n'a pas les moyens de l'appliquer; elle n'a pas de police. Je me souviens, quand j'étais jeune homme: Maurice Duplessis, dans les tavernes, quand il y avait des fautes à la loi, et bien il cancellait le permis! C'était bien simple! Tandis qu'[aujourd'hui, on se fait dire] c'est sacré, le permis, on ne peut pas toucher à ça», s'est exclamé M. Béland.

Le Conseil d'éthique a dévoilé lundi son 10e rapport annuel, dans lequel il fait état des plaintes reçues et de l'application du code d'éthique auquel l'industrie se soumet.

>> Consultez le rapport 

Entre autres, il a reçu une plainte concernant un pub de Québec qui faisait une promotion en affirmant que «si la modération a bien meilleur goût, l'excès a un bien meilleur effet».

Il a aussi reçu une plainte concernant un bar de Montréal qui faisait de la publicité avec l'image d'une femme nue qui cachait ses attributs sexuels avec des pointes de pizza. Le propriétaire du bar avait été «sensibilisé au problème» et s'était engagé à ne plus recourir à de telles méthodes, rapporte-t-on dans le rapport annuel du Conseil d'éthique. Ce bar a depuis cessé ses activités.




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