Des étudiants en droit canadiens se liguent contre les décrets de Trump

Jusqu'à 200 participants sont attendus à Montréal samedi,... (Photo Peter Nicholls, archives REUTERS)

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Jusqu'à 200 participants sont attendus à Montréal samedi, où les étudiants de l'Université de Moncton, de McGill et de l'UQAM tiendront un événement conjoint.

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Morgan Lowrie
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Des étudiants en droit de partout au pays ont uni leurs forces, samedi, pour venir en aide aux demandeurs d'asile touchés par la décision du président Donald Trump de suspendre le programme d'accueil de réfugiés américain.

Même si un juge fédéral des États-Unis a temporairement levé vendredi, à la grandeur du pays, le décret du président Trump, la Maison-Blanche entend en appeler de cette décision.

Quelques centaines d'étudiants issus des 22 facultés de droit canadiennes se sont portés volontaires pour ce «marathon» de recherches juridiques. Ils se pencheront sur le décret interdisant l'accès aux États-Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane, de même qu'à son impact en sol canadien.

À Montréal seulement, les étudiants de l'Université de Montréal, de McGill, et de l'UQAM ont tenu un événement conjoint.

Les développements de vendredi rendent la démarche d'autant plus pertinente, croit une étudiante montréalaise en droit Rachelle Bastarache. L'exercice prend d'autant plus de sens considérant que M. Trump a qualifié le revers juridique à son décret de «ridicule», a-t-elle souligné, faisant du même coup part de l'intention de son administration d'en appeler de la décision.

«Je ne pense pas que nous puissions dire que les États-Unis sont un pays sécuritaire pour les réfugiés, puisque la personne qui les dirige a clairement exprimé son opinion par rapport à la situation, (laquelle) ne changera pas», a dit l'étudiante.

«Il est d'autant plus important de passer le mot au cas où le prochain décret soit pire», a-t-elle ajouté.

Les participants concentreront leurs efforts sur l'Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs, que le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR) cherche à contester.

En vertu de l'Entente, le Canada et les États-Unis se reconnaissent mutuellement comme étant des pays «sûrs» pour les demandeurs du statut de réfugié. Elle les contraint à déposer leur demande d'asile dans le premier pays auquel ils accèdent.

Ainsi, règle générale, le Canada n'accepte pas les réfugiés ayant d'abord rejoint les États-Unis, expose Janet Dench du CCR.

L'étudiante montréalaise raconte avoir initialement soumis l'idée à ses camarades de McGill. Lorsque 50 d'entre eux se sont inscrits dans un délai de deux heures, elle a songé à élargir le projet.

«Couchée dans mon lit, la nuit, je me disais: »Si on peut avoir 50 personnes à McGill, combien pourrions-nous avoir à travers le Canada?»» a-t-elle exposé.

Selon Mme Dench, le récent décret de Donald Trump est source de confusion et pourrait mener au renvoi de certains réfugiés dans leur pays d'origine, où ils sont souvent persécutés.

«Les États-Unis n'ont jamais été complètement sûrs à nos yeux, et en ce moment, ils le sont encore moins», a-t-elle déploré.

Les organisateurs de ce «marathon» de recherche ont également prévu une campagne de financement pour le CCR, qu'ils chercheront à mettre au fait des développements de l'Entente depuis sa contestation échouée en 2009.

«Il y a beaucoup de questions sur lesquelles nous devons mener des recherches, nous sommes donc très excités par cette mobilisation massive à travers le Canada et nous avons hâte de voir ce qu'ils seront en mesure de faire», a ajouté Janet Dench.

Dans la foulée de la contestation judiciaire qui s'annonce aux États-Unis, les instigateurs du projet ont ajouté des sujets de recherche qui seront étudiés. Grâce à la campagne de financement lancée sur le web au profit du CCR, 4000 $ avaient déjà été amassés samedi après-midi, vers 14 h. Mme Bastarache espère d'ailleurs que l'événement de samedi incitera le gouvernement fédéral à revoir l'Entente.

«Le front commun d'étudiants en droit à travers le pays devrait envoyer le message que nous ne tolérerons pas une législation pareille», a-t-elle lancé.

L'événement de samedi a attiré environ 700 personnes, a indiqué Mme Bastarache, ajoutant que les organisateurs espéraient attirer plutôt entre 300 et 500 personnes.

«J'ai déjà été approchée par de nombreux étudiants qui demandent comment nous pouvons poursuivre (la démarche), a-t-elle affirmé. Ce ne sera donc pas un projet d'un jour. Cette recherche et cette conversation continueront pour nous.»




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