Ottawa envisage d'acheter 18 avions Super Hornet

Un avion de combat Super Hornet de Boeing.... (Photo archives AP)

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Un avion de combat Super Hornet de Boeing.

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Lee Berthiaume
La Presse Canadienne
Ottawa

Le gouvernement fédéral veut acquérir 18 nouveaux avions de combat Super Hornet de Boeing sur une base intérimaire jusqu'à ce qu'il décide du remplacement permanent de la flotte vieillissante de CF-18, a annoncé mardi le ministre de la Défense, Harjit Sajjan.

Le gouvernement a l'intention de discuter de cette éventuelle acquisition avec Washington et Boeing afin de déterminer si 18 Super Hornet peuvent être acquis selon des termes «acceptables» pour le Canada au chapitre du prix, des délais de livraison, du «niveau de capacité et de la valeur économique» des Super Hornet.

«La flotte provisoire est la solution la plus efficace pour garantir que le Canada reste un allié crédible et fiable», a indiqué le ministre Sajjan.

Parallèlement, le gouvernement libéral «entreprend les étapes nécessaires pour préparer un processus concurrentiel ouvert et transparent dans le but de trouver un remplacement permanent au chasseur CF-18» - et ce pendant le mandat actuel, a promis mardi le ministre Sajjan. L'appel d'offres couvrira l'acquisition, mais aussi le soutien en service de la nouvelle flotte.

Et en attendant une «flotte provisoire», M. Sajjan a annoncé mardi une série de mesures visant à prolonger encore la vie active des CF-18 qui sont toujours en service, notamment le recrutement et la formation d'employés de maintenance. Le ministre a aussi indiqué mardi que le Canada demeure membre du programme multinational d'«Avion de combat interarmées», dans lequel les F-35 jouent un rôle important.

Cette décision marque un nouveau tournant dans la saga visant à remplacer les CF-18 des Forces armées canadiennes. Durant la campagne électorale de 2015, les libéraux de Justin Trudeau avaient promis de ne pas acheter l'avion de combat furtif F-35 de Lockheed Martin, concurrent de Boeing - l'option longtemps privilégiée par le précédent gouvernement conservateur. Les libéraux ont dû plus tard admettre qu'en excluant d'emblée le F-35 du processus de sélection, le gouvernement canadien s'exposerait à une poursuite de plusieurs milliards de dollars.

Combien ça coûte?

L'idée de recourir à une flotte provisoire de Super Hornet n'est pas unique: l'Australie en a acheté 24 en attendant que ses nouveaux F-35 soient prêts. Mais au printemps dernier, alors qu'Ottawa penchait déjà pour l'acquisition intérimaire de Super Hornet, la levée de boucliers de l'industrie et des partis de l'opposition avait forcé le gouvernement à réévaluer ses plans.

Des experts indépendants mandatés par le gouvernement, de même que les militaires eux-mêmes, ont estimé que cette acquisition coûterait trop cher parce que l'armée de l'air aurait à gérer deux types d'appareils différents, multipliant ainsi les frais de maintenance, de formation et d'infrastructure.

On ignore d'ailleurs le prix de ces appareils Super Hornet. Selon les libéraux, le F-35 coûterait 175 millions $, contre 65 millions $ pour le Super Hornet, mais ces chiffres ont été souvent contestés. Le Koweït a récemment annoncé son intention d'acheter 40 Super Hornet, au prix d'environ 335 millions $ chacun. Le Danemark achètera 27 avions furtifs F-35, au prix d'environ 148 millions $ chacun. Aussi bien Boeing que Lockheed Martin préviennent que les comparaisons avec d'autres pays sont boiteuses, puisque le Canada aura ses propres exigences.

On ignore aussi les retombées économiques de cette décision pour les entreprises canadiennes. Le gouvernement a versé 33 millions $ en juin dernier pour demeurer au sein du programme des F-35, ce qui porte à 311 millions $ la contribution totale du Canada depuis 1997. L'industrie canadienne aurait décroché depuis ce temps des contrats de plus d'un milliard de dollars sur le F-35.

Industrie Canada estimait en décembre 2014 que les entreprises canadiennes pourraient décrocher des contrats liés aux F-35 d'une valeur de plus de 9,5 milliards $. Mais d'autres observateurs rappellent que cette parenté n'est pas garantie: les entreprises canadiennes devront remporter chaque contrat face à la concurrence mondiale.

Par contre, Boeing serait vraisemblablement liée par une vieille règle qui oblige les entreprises étrangères qui décrochent des contrats gouvernementaux à réinvestir ensuite au Canada. D'autres soulignent par contre que le Super Hornet fait appel à une technologie vieillissante.

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