Viaduc de la Concorde: «Je suis très désolé», dit Couillard

C'est lors d'une conférence de presse en marge du... (Photo Olivier PontBriand, La Presse)

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C'est lors d'une conférence de presse en marge du Forum des idées organisé à Longueuil par le Parti libéral que le premier ministre Philippe Couillard s'est adressé aux victimes de l'effondrement du viaduc de la Concorde et à leurs proches.

Photo Olivier PontBriand, La Presse

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Dix ans après l'effondrement du viaduc de la Concorde, qui a fait cinq morts et six blessés en 2006 à Laval, le premier ministre Philippe Couillard s'est dit « très désolé » en s'adressant aux victimes et à leurs proches.

« À l'époque, la commission d'enquête avait certainement établi un lien entre le déficit d'entretien de nos structures et cet accident-là. Donc, sur cet aspect-là, je dois dire que je suis très désolé, au nom du gouvernement du Québec, envers les victimes et leurs proches, qui vivent aujourd'hui avec la peine que ça a causé », a déclaré M. Couillard, hier, lors d'une conférence de presse tenue en marge du Forum des idées organisé à Longueuil par le Parti libéral.

Samedi, dans une entrevue accordée à La Presse, Gabriel Hamel, qui est devenu orphelin le 30 septembre 2006 à l'âge de 8 ans après que ses parents Sylvie Beaudet et Jean-Pierre Hamel sont morts dans la tragédie, a déploré que « personne ne se soit excusé publiquement, personne n'a reconnu sa responsabilité ». 

Il a raconté à quel point l'épreuve a été difficile pour lui. « J'étais très près de mes parents. On ne se séparait jamais, ils ne m'avaient jamais fait garder. » Après l'effondrement, il a pleuré tous les soirs durant un an.

Philippe Couillard s'est dit « très ému » par le témoignage du jeune homme, aujourd'hui âgé de 18 ans.

« Je serais intéressé à lui parler en lui redisant exactement ce que je viens de vous dire, mais directement, je trouve que ça a plus de valeur que de le lire dans un article de journal. Je pense que le fait de l'entendre directement, pour cette personne-là, ça va être une façon, je ne dirai pas de finir le deuil parce que le deuil ne finit jamais, mais au moins d'avoir l'impression qu'on avance. »

DES EXCUSES SATISFAISANTES

Gabriel Hamel a pris connaissance des excuses du premier ministre. Il a d'abord préféré ne pas réagir. Puis, il s'est ravisé. « Je demandais des excuses et elles sont venues du premier ministre. J'ai pris connaissance de l'allocution et je suis satisfait de ce qui a été dit. » Par contre, il précise qu'il ne souhaite pas rencontrer M. Couillard.

« J'aimerais maintenant continuer ma vie avec les bons souvenirs de mes parents. Je désire passer à autre chose. » - Gabriel Hamel, devenu orphelin lors de la tragédie

Le premier ministre a assuré que le gouvernement « déploie beaucoup d'énergie et de ressources pour que ça n'arrive plus. Ou au moins pour que le risque que ça arrive soit le plus bas possible. On a investi beaucoup et on continue d'investir pour solidifier et moderniser nos structures ».

Il y voit un encouragement pour les familles. « Oui, il y a le deuil des proches, mais il y a également le désir que ça ne se reproduise pas. »

TROP PEU, TROP TARD, SELON Me BELLEMARE

Pour l'avocat Marc Bellemare, qui dénonce depuis des années le régime d'indemnisation sans égard à la responsabilité (no-fault), c'est trop peu, trop tard.

« Le premier ministre Couillard s'excuse aujourd'hui auprès du jeune Gabriel Hamel. Qu'en est-il des autres victimes de l'incompétence du réseau routier : mauvais entretien, mauvaise configuration, mauvaise signalisation, etc. ?, s'interroge-t-il. Le gouvernement libéral n'a toujours pas livré sa promesse électorale de 2003 qui consistait à permettre aux victimes de fautes lourdes (négligence criminelle) de poursuivre en justice. En 2006, Gabriel aurait eu un recours civil contre l'État québécois. À défaut, il a dû se contenter de la pitance de la SAAQ », a-t-il écrit à La Presse, hier soir. 

Déjà en 2001, Me Bellemare dénonçait dans Le Journal du Barreau l'impunité de l'État concernant l'effondrement du viaduc du Souvenir, à Laval. « Au civil, il y a le no-fault mur à mur. Au criminel, aucune charge n'est possible contre l'État [...]. L'État ne peut accuser l'État. Seuls ses sujets sont susceptibles de l'être », dénotait-il.

- Avec la collaboration d'Audrey Ruel-Manseau et de Sophie Allard, La Presse

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