Saskatchewan: manif contre la déclaration de Brad Wall sur les migrants

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Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall.

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Jennifer Graham
La Presse Canadienne
Regina

Environ 75 réfugiés, immigrants et Canadiens nés au pays sont venus manifester, mardi, devant l'Assemblée législative de Saskatchewan, à Regina, pour dénoncer la position du premier ministre dans le dossier des migrants.

Brad Wall avait demandé la veille au gouvernement fédéral de suspendre l'accueil de 25 000 réfugiés syriens d'ici la fin de cette année, craignant que l'examen accéléré des requêtes ne laisse passer des éléments indésirables.

Le premier ministre Wall, du Parti saskatchewanais (droite), maintient que le Canada devrait accueillir des réfugiés mais que les gouvernements provincial et fédéral doivent avant tout assurer la sécurité des citoyens canadiens. Il critique aussi le fait que tout le processus est guidé par un échéancier et un chiffre précis - 25 000 réfugiés d'ici le 1er janvier.

Fartun Mohamud, qui a quitté l'Afrique du Sud pour le Canada en 2006, tenait une pancarte où était écrit: «Brad Wall ne parle PAS en mon nom». Elle a déclaré que le premier ministre brosse un portrait injuste des réfugiés.

«Pour moi, les propos du premier ministre Brad Wall tendent à perpétuer le cycle de haine, déjà entretenu par les médias, contre les immigrants et les réfugiés, les dépeignant comme des terroristes, ou sous un éclairage mauvais.»

Maria Aman, elle, avait trois ans lorsque sa famille a fui la guerre civile en Érythrée, dans l'est de l'Afrique. Arrivée à Regina il y a 22 ans, elle et les siens ont été accueillis avec amour et compassion, se souvient-elle. Les propos du premier ministre sèment la peur, selon Mme Aman, dont la pancarte annonçait: «La haine ne peut chasser la haine».

«Ce n'est pas tellement ses déclarations, mais les sentiments qui les animent», a-t-elle dit en parlant de son premier ministre.

Shahina Siddiqui, présidente de l'Association des services sociaux islamiques, qualifie cette position d'«irresponsable», prise «de façon impulsive» au lendemain des attentats meurtriers de vendredi dernier à Paris. Mme Siddiqui souligne que le premier ministre Wall n'avait jamais fait part de ses craintes avant ces attentats, qui ont fait au moins 129 morts dans la capitale française.

Elle a par ailleurs rappelé que plusieurs demandeurs du statut de réfugié sont des enfants et des personnes âgées qui demandent l'asile au Canada, et il serait injuste, selon elle, que l'on soupçonne ainsi tous les réfugiés. «Ils viennent ici parce qu'ils n'ont pas d'autres choix, pour trouver asile, mais quel genre d'asile allons-nous leur offrir si nous sommes constamment au-dessus de leurs épaules, à les soupçonner? Comment peut-on espérer une intégration sereine?», a-t-elle indiqué dans une entrevue téléphonique de Winnipeg.

Mme Siddiqui estime aussi que les déclarations du premier ministre Wall sèment le doute sur l'efficacité de tout le système de sélection des réfugiés. «J'aimerais savoir sur quelle preuve (M. Wall) se base, et pourquoi il met en doute subitement le mécanisme (de sélection) et le personnel, alors qu'on ne l'a jamais fait auparavant.»

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