Le Canada et le Danemark revendiquent un rocher dans l'Arctique

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L'équipage du navire de guerre danois Vedderen effectue une cérémonie de levée du drapeau sur le l'île de Hans, en 2002.

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Bob Weber
La Presse Canadienne

Plutôt que de revendiquer chacun sa souveraineté sur l'île Hans, le Canada et le Danemark devraient se partager en condominium cet îlot inhabité - et inhabitable - situé entre le Nunavut et le Groenland, dans l'Arctique, soutiennent des experts des deux pays.

Le caillou de 1,2 kilomètre carré est situé au beau milieu du passage Kennedy, à égale distance entre l'île d'Ellesmere et le Groenland. Le Canada et le royaume du Danemark se disputent ainsi depuis des années la propriété de ce rocher, une revendication territoriale qui n'a par ailleurs aucune incidence sur les ressources naturelles de la région, régies par d'autres traités existants.

Mais ce contentieux, somme toute mineur mais qui perdure, pourrait être rapidement et facilement réglé par le principe du condominium, estiment deux universitaires. En droit international, un condominium est un territoire sur lequel plusieurs puissances exercent conjointement leur souveraineté.

Michael Byers, professeur de droit international à l'Université de Colombie-Britannique, et un collègue danois présenteront officiellement jeudi leur suggestion: confier aux Inuits du Nunavut et du Groenland la cogestion au quotidien du condominium, ou alors faire de l'île Hans un parc naturel conjoint, à l'instar du Parc international de la paix Waterton-Glacier, créé en 1932, qui chevauche l'Alberta et le Montana.

Car il existe quelques précédents, surtout maritimes: la France et l'Espagne se partagent ainsi depuis 1659 la propriété de l'île des Faisans (de los Faisanes), située sur le fleuve Bidassoa, en pays basque, exactement sur la frontière entre les deux États.

Selon le professeur Byers, le nouveau gouvernement à Ottawa pourrait saisir l'occasion de marquer le début d'une ère nouvelle dans les relations diplomatiques canadiennes. Le ministre danois des Affaires étrangères aurait même déjà pris connaissance de la suggestion et pourrait être tenté de l'envisager, soutient le juriste canadien.

Car actuellement, c'est l'impasse totale dans ce dossier. Les militaires des deux pays visitent périodiquement l'île, le temps de retirer le drapeau du voisin d'en face et de remplacer la bouteille de schnaps par du whisky, ou vice-versa. Et pour éviter les mauvaises rencontres sur le rocher, les deux pays ont convenu, en 2005, de prévenir avant d'arriver.

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