Immigration clandestine: un appel pour alléger les règles

Avocat spécialisé en droit de l'immigration, Me Stéphane Handfield... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)

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Avocat spécialisé en droit de l'immigration, Me Stéphane Handfield n'a pas entendu parler d'une « filière » facilitant le passage de migrants clandestins en Montérégie.

« Mais la situation s'est déjà produite ailleurs », note-t-il. Dernièrement, des passeurs avaient organisé un réseau dans la région de Sherbrooke pour faire passer surtout des gens de la communauté rom.

Pour ce spécialiste, « tant que nous durcirons les règles permettant aux immigrants d'arriver au pays, nous les condamnerons à faire affaire avec des crapules et à passer de façon clandestine, au lieu de passer par les postes frontaliers ».

À la demande de La Presse, Me Handfield a accepté de répondre à quelques questions d'ordre technique sur les demandeurs d'asile qui se présentent au pays.

Comment les migrants peuvent-ils faire une demande d'asile au Canada ?

« Les demandes peuvent être faites aux frontières ou de l'intérieur du pays », explique Me Handfield. Quelqu'un qui entre au pays clandestinement peut se présenter dans un bureau d'Immigration Canada, un peu partout au pays, pour faire sa demande d'asile.

Pourquoi des migrants voudraient-ils passer par les États-Unis avant de venir au Canada ?

Sur cette question, Me Handfield en est réduit aux conjectures. Chose certaine, les voyageurs en provenance de la Syrie et de l'Irak, par exemple, doivent détenir un visa lorsqu'ils atterrissent en sol canadien ou américain. Traditionnellement, les demandes de visa sont plus faciles à obtenir aux États-Unis pour les ressortissants de pays arabes, note Me Handfield.

Quelles étapes doit franchir un migrant qui arrive des États-Unis et dépose une demande d'asile au Canada ?

« Un réfugié se présentant légalement à un poste frontalier et déposant une demande d'asile devra faire la preuve qu'il a d'abord fait une demande d'asile aux États-Unis », explique Me Handfield. S'il ne l'a pas fait, sa demande sera irrecevable et il sera renvoyé aux États-Unis, à moins qu'il n'ait déjà de la famille au Canada. Si un demandeur d'asile a de la famille au Canada, sa demande sera jugée recevable et elle sera analysée. Mais si elle est rejetée par le gouvernement, le demandeur ne pourra interjeter appel de la décision.

En revanche, un migrant qui se présente à un centre de service d'Immigration Canada un peu partout au pays verra sa demande d'asile automatiquement jugée comme recevable. Et si, après analyse, le dossier est rejeté par le gouvernement, le demandeur pourra interjeter appel.

« Les personnes qui passent la frontière de façon clandestine n'ont probablement aucune famille ici et ne veulent pas être obligées de déposer une demande d'asile aux États-Unis, pour différentes raisons, explique Me Handfield. Peut-être aussi que les demandes d'asile des ressortissants irakiens et syriens sont tout simplement peu acceptées aux États-Unis ».

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