Jeux olympiques à Toronto: des intervenants dénoncent le manque de transparence

La ville de Toronto.... (Photo John David Mercer-USA TODAY Sports)

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La ville de Toronto.

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Paola Loriggio
La Presse Canadienne
TORONTO

Alors que Toronto doit décider dans les prochains jours si elle souhaite accueillir les Jeux olympiques d'été de 2024, certains critiquent le manque de transparence «sans précédent» entourant la possible candidature de la ville.

Les opposants au projet de candidature de la métropole canadienne affirment que le maire John Tory garde secrets les détails et les coûts du projet. De plus, au moins un membre du conseil municipal du maire l'a accusé de conclure des ententes derrière des portes closes.

Le fait que le maire ne dévoile pas ces informations si tard dans le processus demeure troublant et «extraordinaire», selon Janice Forsyth, directrice du Centre international des études olympiques de l'université de Western Ontario.

Mme Forsyth rappelle que ces promesses et ces ententes sont effectuées avec de l'argent public, donc lorsqu'elles ne sont pas révélées à la population, cela pose problème en termes de «transparence et de reddition de comptes», selon elle.

Elle déplore par ailleurs que le public torontois ne soit toujours pas invité à se prononcer sur la possibilité d'organiser ces Jeux tandis que l'échéance arrive à grands pas, la semaine prochaine.

Un conseiller municipal a incité le maire Tory, cette semaine, à convoquer une réunion spéciale du conseil avant la date limite de mardi prochain, lorsque Toronto devra annoncer clairement si elle intéressée à poser sa candidature. D'autres conseillers avaient formulé des recommandations similaires dans les semaines précédentes.

«C'est une erreur de continuer à avoir des »conversations en coulisses« avec d'autres personnes sans le conseil au moment où l'échéance pour envoyer une lettre exprimant l'intérêt (de la ville) pour les Olympiques arrive lentement, mais sûrement», a écrit le conseiller Anthony Perruzza dans une missive envoyée au maire Tory.

Bien que cette lettre transmise au Comité international olympique (CIO) n'engage en rien Toronto à appliquer formellement pour les Jeux de 2024, M. Tory a affirmé qu'il s'agissait d'une étape importante vers une candidature, qui ne devrait toutefois pas être perçue comme un «espace réservé».

Le maire a répété à plusieurs occasions qu'il ne réunirait pas le conseil avant la date limite, mais qu'il tiendrait un vote sur la décision de déposer, ou non, ladite candidature.

«Je crois que, dans les circonstances, je pouvais prendre la décision d'envoyer une lettre sur (notre) possible intérêt - à la suite de consultations avec mes collègues et beaucoup d'autres gens. Je vais être tenu responsable de cette décision», a déclaré le maire jeudi.

Le résultat de ces discussions n'a pas été rendu public et de nombreux membres du comité du budget de la municipalité se sont dits préoccupés par les coûts de la campagne pour recevoir les Jeux et de l'organisation de l'événement lui-même. Ils se demandent également qui règlera la facture.

Reporter le débat après l'envoi de la lettre est «à contre-sens», selon Ann Harwood, de NoTo2024, une organisation citoyenne contre la candidature de Toronto aux Jeux.

«Nous avons une personne, le maire de Toronto, qui parle au nom des contribuables de la ville sans consultation. C'est comme un cirque; tous les gens à qui nous parlons se disent: »qu'est-ce qui se passe?« », a-t-elle déploré.

Des courriels obtenus par l'organisation en vertu de la Loi sur l'accès à l'information ont révélé l'existence d'un soi-disant groupe de travail sur les Olympiques qui est lié au bureau du maire. M. Tory indique que ce comité l'aide simplement à organiser ses réunions.

On ignore pour l'instant ce qu'il adviendra au lendemain du 15 septembre, en raison des nouvelles règles du CIO, selon Janice Forsyth. Les détails des procédures seront connus seulement après l'échéance.

«Nous devons d'abord signer pour s'engager à participer à la compétition et après, ils donnent des informations. Je ne sais même pas quelle date ce sera, ni la nature des informations (qui seront dévoilées). C'est une zone grise complète pour le public», a conclu Mme Forsyth.

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