Côte-Nord: «radicalisation» à prévoir vendredi

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La situation est «explosive», selon le représentant syndical Bernard «Rambo» Gauthier.

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Étienne Fortin-Gauthier
La Presse Canadienne

Les travailleurs en colère qui ont bloqué trois secteurs de la route 138 sur la Côte-Nord pourraient se «radicaliser» et comptent accroître la pression sur le gouvernement, dès vendredi, selon deux leaders syndicaux.

La situation est «explosive», selon le représentant syndical Bernard «Rambo» Gauthier, disant s'attendre à ce que l'escouade antiémeute de la Sûreté du Québec aille à intervenir vendredi.

Jeudi, un peu avant 22 h, à Pessamit, une manifestante aurait été heurtée par la voiture d'un automobiliste hostile au mouvement, selon M. Gauthier, qui n'avait pas de détails sur la nature de ses blessures. La Sûreté du Québec n'avait pas été en mesure de confirmer l'événement.

En fin de soirée, les travailleurs ont relâché la pression à deux endroits, soit le secteur de la route allant vers Pessamit et celui du lien routier vers Maliotenam, a confirmé à La Presse Canadienne, Bernard Méthot, représentant de la FTQ dans la région.

Il a indiqué que les travailleurs laissent les voitures circuler pour la nuit dans ces secteurs. Selon lui, cette première journée de mobilisation a été exténuante, surtout avec les conditions météorologiques difficiles qui ont prévalu dans la région.

À l'entrée du chantier du complexe hydroélectrique de La Romaine, la mobilisation reste entière et «vendredi, ce sera plus gros que jamais», selon M. Méthot. Il a indiqué que certains groupes devraient s'ajouter vendredi aux groupes déjà présents, sans pour autant dévoiler leur identité.

Le représentant de la FTQ affirme qu'il tente de calmer le jeu, confiant à ses membres que les dirigeants politiques vont entendre leurs demandes. Il admet que certains sont prêts à aller plus loin dans l'éventualité où aucune réponse gouvernementale n'était donnée.

«J'ai rencontré des manifestants et il y a du monde qui veulent se radicaliser. Actuellement, les biens et les services peuvent passer. L'économie continue à tourner, mais du monde voudrait fermer la Côte-Nord avec l'espoir d'être entendu. Certains n'ont plus rien à perdre, c'est inquiétant», a affirmé sans détour M. Méthot.

«Rambo» Gauthier abonde dans le même sens, faisant même référence à des heures sombres de la région pour inciter les autorités à écouter les travailleurs qu'il représente.

«Le gouvernement est bien parti pour un retour dans les années 70. Ça a brassé. La ville a fermé à cette époque et il y a eu un mort, deux morts. On est pas des fous et on attendra pas de mourir avant de se défendre», a-t-il lancé à l'égard du bras de fer en cours avec le gouvernement.

Les travailleurs de la construction réclament que les entrepreneurs oeuvrant dans leur région embauchent davantage de main-d'oeuvre locale.

Le premier ministre Philippe Couillard a déjà indiqué qu'il assimilait ce type de blocage à de l'intimidation et avait invité les parties à trouver un équilibre entre les droits des uns et des autres.

Jeudi soir, la Sûreté du Québec se faisait avare de commentaires, affirmant simplement qu'elle surveillait de près la situation.

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