Une salle sur l'histoire syndicale mise à l'écart

La salle du Canada proposait un voyage dans... (Photo Archives LeDroit)

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La salle du Canada proposait un voyage dans le temps par l'entremise de plusieurs reconstitutions historiques, des Vikings au développement de l'Ouest, ainsi qu'une reconstitution du Winnipeg Labor Temple, lieu mythique de la grande grève qui s'y est déroulée en 1919.

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(Ottawa) La décision du Musée canadien de l'histoire de ne pas rouvrir l'ancienne salle syndicale dans sa nouvelle «salle de l'histoire canadienne» soulève des préoccupations. Les autorités du musée affirment toutefois qu'elles ne comptent pas pour autant escamoter l'histoire ouvrière dans cette exposition permanente qui sera présentée à compter de 2017.

Une évaluation interne obtenue par le Toronto Star et La Presse confirme en effet que l'ancien Musée canadien de la civilisation du Canada, renommé Musée canadien de l'histoire par le gouvernement Harper en 2012, n'inclura pas cette salle syndicale dans l'exposition en développement. Elle faisait partie de la salle du Canada qui a été fermée pour rénovations en 2013 pour céder la place à l'éventuelle salle de l'histoire canadienne.

La salle du Canada proposait un voyage dans le temps par l'entremise de plusieurs reconstitutions historiques, des Vikings au développement de l'Ouest. La salle syndicale présentait entre autres une reconstitution du Winnipeg Labor Temple, lieu mythique de la grande grève qui s'y est déroulée en 1919.

Daté du 22 août 2014, le document interne du musée, une ébauche rédigée en anglais et intitulée «Évaluation des risques de la rénovation», conclut que ces «changements peuvent être apportés au module avec peu de risques politiques et institutionnels». On précise néanmoins que les modifications pourraient entraîner «des défis de communications avec la communauté académique», où certains ont déjà «décrit la fermeture comme une preuve du manque d'intérêt du musée à l'égard de l'histoire de la classe ouvrière».

Le député du NPD de Winnipeg-Centre, Pat Martin fait partie de ceux qui sont préoccupés par ces changements. «Je trouve difficile à croire que c'est une pure coïncidence que le ministre du Patrimoine change le nom et le mandat du musée, et ensuite l'exposition principale qui porte sur les syndicats est démantelée. Il ne faut pas être un chirurgien de haut calibre pour comprendre cela. Je soupçonne même fortement qu'il y a eu de l'ingérence politique.»

Une place à l'histoire syndicale

La vice-présidente aux affaires du musée, Chantal Schryer, affirme qu'au contraire, il n'est pas question d'expurger la dimension ouvrière de la nouvelle salle de l'histoire canadienne, et que cet espace de plus de 40 000 pieds carrés contiendra certainement des mentions de l'histoire syndicale canadienne, incluant la grève de 1919. Mme Schryer ignore pour l'instant la forme que prendra cette représentation, mais elle admet que la reproduction du temple des ouvriers de Winnipeg n'en fera sans doute pas partie, puisque l'approche de la nouvelle exposition sera très différente de l'ancienne salle du Canada, en misant moins sur les reconstitutions historiques.

Quant aux craintes d'ingérence politique, «il n'y a pas de politicien ici, a tranché la dirigeante. Il n'y en a aucun caché sous mon bureau et il n'y en a pas qui travaillent avec nos chercheurs et nos historiens non plus. [...] Ce n'est pas les politiciens qui décident ce qui va dans nos galeries. Jamais.»

Le Congrès du travail du Canada affirme qu'il n'a pas été consulté dans le cadre de ces changements, mais qu'il suivra la situation de près. «Il est critique de trouver des moyens d'exposer les contributions des travailleurs dans ce pays», a déclaré le président Hassan Yussuff.

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