Violence faite aux femmes autochtones: Ottawa seul dans son coin

L'adolescente Rinelle Harper qui a été agressée en novembre et... (Photo Chris Wattie, Reuters)

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L'adolescente Rinelle Harper qui a été agressée en novembre et dont l'histoire a fait le tour du pays était présente à la rencontre.

Photo Chris Wattie, Reuters

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Lina Dib, Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
OTTAWA

Ils ont tous parlé d'un moment historique et de consensus. Pourtant, ils n'ont pas été capables de se retrouver dans la même pièce, ni même dans le même hôtel.

Les ministres du gouvernement Harper ont refusé de se présenter au même point de presse que les représentants des provinces et des groupes autochtones avec lesquels ils ont passé la journée de vendredi à discuter du sort des femmes autochtones.

Depuis des mois, le gouvernement fédéral refuse de tenir une enquête publique pour se pencher sur le phénomène des femmes autochtones assassinées et disparues; 1200 femmes en 30 ans. La table ronde de vendredi devait faire avancer la réflexion.

Au bout de l'exercice, les deux ministres fédéraux présents à la table ronde - Bernard Valcourt aux Affaires autochtones et Kellie Leitch à la Condition féminine - ont tenu leur point de presse dans un hôtel à deux coins de rue de celui où tous les autres participants ont fait rapport de la journée.

«Par respect pour ces groupes-là (...) parce qu'on ne voulait pas être le focus de toutes les questions», a présenté le ministre Valcourt comme excuse.

Au point de presse des autochtones et des provinces, la représentante de Québec était prête à pardonner aux absents, mais pas celle de l'Ontario.

«Ils ont été là toute la journée. Ils ont participé aux échanges», a fait remarquer la ministre québécoise de la Justice, Stéphanie Vallée.

«Ça n'avait aucun sens pour moi», a lâché la première ministre de l'Ontario Kathleen Wynne, en commentant l'absence des ministres fédéraux au point de presse qui présentait les résultats de la journée.

Le bouillant ministre Valcourt n'a pas pu garder le chat dans le sac bien longtemps.

«Écoute là! Mme Wynne ce matin dépose à la table à la dernière minute, là, sans avoir jamais partagé avec nous, des éléments de ce qu'elle propose», a-t-il raconté.

«Tu ne peux pas à la dernière minute déterminer c'est quoi que tu vas faire avec une série de dix propositions, avec le Nouveau-Brunswick qui en ajoute quatre sur le tas, sans jamais savoir c'est quoi. On est plus responsable que ça avec les payeurs de taxes», a-t-il sermonné.

Parmi les 14 propositions avancées par les deux provinces: une campagne de prévention pancanadienne, un soutien financier accru aux services de police des Premières Nations, un meilleur partage des informations entre les services de police du pays sur les femmes disparues.

Perry Bellegarde, Chef national de l'Assemblée des Premières Nations, attend maintenant de voir le financement de ces initiatives.

«Il y a une occasion, avec le budget fédéral qui s'en vient, les budgets provinciaux qui approchent, pour faire des investissements stratégiques», a-t-il plaidé.

Si Ottawa a refusé de s'engager, les provinces présentes se sont montrées moins réticentes. Et tous se sont mis d'accord pour tenir le même exercice avant la fin de 2016 afin de mesurer le progrès.

La table ronde n'a pas fait taire les demandes pour une enquête nationale sur le phénomène des femmes autochtones assassinées et disparues.

Le gouvernement Harper maintient que ce n'est pas un phénomène social à étudier, mais de simples cas de crimes à élucider.

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