Mort d'un travailleur: Bombardier blâmé par la CSST

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Bombardier Transport est blâmé par la CSST qui lui reproche d'avoir compromis la sécurité de ses employés, dont un a trouvé la mort, le 16 septembre 2013.

Le drame avait coûté la vie au superviseur d'une soixantaine d'années, Jacques Bédard, sur un site d'entretien ferroviaire de l'Agence métropolitaine de transport, dans le secteur Pointe-Saint-Charles, à Montréal. Bombardier y fait l'entretien du matériel roulant de l'AMT.

L'homme et son équipe devaient sortir une lourde locomotive d'un hangar. Pour faire vite, il a été décidé qu'on accrocherait la locomotive de 130 tonnes métriques à un petit chariot élévateur à l'aide d'une chaine en métal. La méthode avait déjà été utilisée avec succès, et était beaucoup plus rapide qu'aller chercher la locomotive de service du site, la déplacer et l'accrocher à celle qui devait être déplacée.

La locomotive s'est donc mise en marche. À un moment, comme elle ne voulait pas s'arrêter, le conducteur du chariot a réussi à garer son engin en bordure de la voie ferrée. Mais la locomotive poursuivait sa route à basse vitesse. Jacques Bédard a alors tenté de l'immobiliser en plaçant des planches de bois devant les roues. Une méthode elle aussi éprouvée dans le passé. Pendant ce temps, un collègue est monté dans le mastodonte en marche pour tenter de le freiner. 

Pendant les vaines tentatives de M. Bédard avec les bouts de bois, la chaine reliait toujours le chariot à la locomotive. À un moment, celle-ci s'est mise à traîner le chariot, qui a fini par happer le superviseur qui a été écrasé entre les deux véhicules. La mort était évidente et a été constatée sur place. 

La CSST a rendu public son rapport d'enquête ce matin.

On y constate que cette méthode de travail dangereuse est utilisée depuis les années 1970. 

«Bombardier gérait les programmes de santé et sécurité sur l'ensemble des sites où elle était sous contrat avec l'AMT. Mais il n'y avait pas de programme spécifique pour le site de Pointe-Saint-Charles. Et lors des inspections mensuelles du site, les gestionnaires n'ont jamais vérifié les méthodes de déplacement du matériel roulant. Ils ne savaient pas qu'un chariot était utilisé pour déplacer les locomotives. Et pourtant, sur un autre site dans le passé, on avait interdit l'utilisation de chariot parce qu'on avait jugé cette méthode dangereuse. Mais jamais les responsables des autres sites n'ont été avisés», déplore l'inspectrice Isabelle Lalonde. 

Le rapport qu'elle signe avec son collègue Simon Boily est dur envers la multinationale québécoise. Selon ce qu'on y lit, Jacques Bédard détenait un certificat de mécanicien de train, mais ne disposait pas de la formation nécessaire pour l'emploi. 

«Et en tant que superviseur, c'est lui qui décidait des façons de travailler, et les autres le suivaient», ajoute Dominique David, porte-parole de la CSST. On précise qu'une locomotive de service est disponible sur le site pour effectuer des déplacements sécuritaires. À d'autres endroits se trouvent des locotracteurs spécialement conçus pour effectuer ces manoeuvres. 

La CSST met ainsi Bombardier à l'amender pour une somme qui se situera entre 15 698$ et 62 790$. La multinationale devra décider si elle plaidera coupable ou non, et le montant de l'amende, au final, sera déterminé par un juge.




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