Collision en Montérégie: le geste d'un père désespéré?

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Hugo Meunier
La Presse

Tout porte à croire qu'un geste volontaire expliquerait la mort tragique d'un homme et de son bébé, lundi matin, lors d'une violente collision entre un train et une voiture survenue à un passage à niveau de Saint-Liboire, en Montérégie.

Thierry Patenaude-Turcotte et son fils Nicolas.... (Photo tirée de Facebook) - image 1.0

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Thierry Patenaude-Turcotte et son fils Nicolas.

Photo tirée de Facebook

Les victimes, Thierry Patenaude-Turcotte, 42 ans, et son fils Nicolas, 1 an, étaient dans un véhicule utilitaire sport de marque Honda. La Sûreté du Québec tente de démêler l'affaire et n'écarte aucune piste, notamment celle du drame familial. L'enquête a d'ailleurs été transférée à la Division des crimes contre la personne.

Selon nos sources, le père aurait dépassé plusieurs véhicules qui étaient immobilisés au passage à niveau avant le passage du train, avant de s'arrêter directement sur la voie ferrée. Toujours selon nos informations, l'homme serait même sorti de son véhicule pour se placer entre sa voiture et le train, tout juste avant l'impact.

Denis Chabot, maire de Saint-Liboire, est arrivé sur les lieux dans les minutes qui ont suivi l'impact à titre de premier répondant. Il a d'ailleurs eu l'occasion de s'entretenir avec le conducteur du train, encore ébranlé. «Le chauffeur du train de Via Rail a vu la voiture se placer en avant de lui», a-t-il dit.

La SQ se montre prudente

Au moment d'écrire ces lignes, la Sûreté du Québec (SQ) préférait se montrer prudente quant aux circonstances de la collision. «C'est trop tôt pour avancer des hypothèses. Notre équipe de reconstitution est sur le terrain et plusieurs rencontres sont prévues avec des témoins», a expliqué la porte-parole de la SQ, Joyce Kemp.

Le drame s'est produit un peu après 7h sur le rang Charlotte. Via Rail assure que les barrières de sécurité et les feux clignotants installés au passage à niveau étaient fonctionnels au moment de l'accident. «Nous avons pu le vérifier à l'aide de nos caméras de surveillance», a expliqué Jacques C. Gagnon, porte-parole chez Via Rail.

Il n'était pas en mesure d'estimer la vitesse du train lors de l'impact. «Il peut aller jusqu'à 160 km/h et on peut présumer qu'il allait à fière allure à cet endroit», a expliqué M. Gagnon. Il a ajouté qu'il faut compter plus d'un kilomètre pour immobiliser un tel «mastodonte» après avoir actionné le frein d'urgence.

Une centaine de passagers étaient à bord du train, qui assurait la liaison entre Montréal et Québec.

Joint au téléphone, un des passagers a décrit les événements. «Il n'y a eu aucune grosse secousse au moment de l'impact. On a entendu un bruit et on avait ensuite l'impression qu'on roulait dans la poussière ou la boue, comme si on traînait quelque chose», a raconté Laurent Carlier, qui se rendait à Québec pour donner une conférence avec quelques collègues.

Le passager affirme n'avoir entendu aucun coup de klaxon avant la collision. «J'ai compris ce qui se passait en voyant un pneu puis des débris de l'automobile voler dans les airs», a ajouté M. Carlier.

La voiture a été littéralement sectionnée en deux, puis traînée sur plusieurs mètres sur la voie ferrée.

«Quand on est arrivé sur place et qu'on a vu le véhicule, on s'attendait à voir des victimes décédées», a indiqué le maire Chabot. L'homme a été retrouvé dans le fossé, et son décès a été constaté sur place.

«Le bébé était dans son siège d'auto et on n'avait pas de pouls», a ajouté le maire. L'enfant a été transporté d'urgence à l'hôpital, où son décès a été constaté.

Attendu en cour le 12 juin

Thierry Patenaude-Turcotte était propriétaire d'une école d'arts martiaux située à Saint-Hyacinthe. Lui et son ex-conjointe devaient repasser au tribunal le 12 juin au sujet de la garde d'enfants.

Les passagers du train ont pour leur part repris la route à destination de Drummondville après quatre heures d'attente, durant lesquelles ils ont notamment rencontré les policiers. Un autocar les attendait ensuite à la gare, pour poursuivre leur voyage jusqu'à Québec.

Les morts sur le réseau ferroviaire sont plus fréquentes que l'on croit, indique le porte-parole de Via Rail. «Il y a environ 300 décès par année au pays sur les rails impliquant des automobilistes ou des piétons. Ça se produit malheureusement trop souvent», constate Jacques C. Gagnon. Comme dans le métro de Montréal, bon nombre de ces morts sont des suicides et ne font pas les manchettes, ce qui renforce l'idée que ces drames sont très rares.

À quelques kilomètres des lieux de l'accident, au village de Saint-Liboire, l'accident était sur toutes les lèvres, lundi. Des citoyens ont expliqué que des automobilistes téméraires tentaient parfois de contourner les barrières de sécurité abaissées à cet endroit, pour gagner du temps.

Cette situation préoccupe Via Rail, qui indique qu'il est aussi risqué de traverser une voie ferrée qu'une autoroute. «Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai vu un jeune homme déambuler en équilibre sur un rail avec des écouteurs sur les oreilles...»

- Avec Annabelle Blais




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