Cafés italiens: un suspect arrêté

Démosthène Mickendy... (Photo fournie par le SPVM)

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Démosthène Mickendy

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Cafés italiens attaqués
Cafés italiens attaqués

Une vague d'attaques au cocktail Molotov frappe les cafés italiens de Montréal. »

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

Les policiers ont arrêté, mardi soir, Démosthène Mickendy, 18 ans, activement recherché depuis le 26 novembre pour sa présumée implication dans la vague d'attaques au cocktail Molotov contre des cafés italiens du nord-est de Montréal.

Au total, 13 établissements de la communauté italienne ont été visés depuis le 22 septembre. On ignore si le suspect épinglé a joué un rôle dans tous ces attentats, mais la police le soupçonne au moins d'être derrière l'avant-dernière attaque, survenue dans la nuit du 26 novembre contre le café Ferrari, dans le quartier Rivière-des-Prairies. Depuis que la photo du jeune homme est placardée un peu partout dans les médias, aucun nouvel incident n'a été signalé.Connu des services policiers - notamment pour ses liens avec les gangs de rue -, Mickendy s'est livré lui-même aux policiers mardi soir, en poussant la porte du poste de quartier 45, dans Rivière-des-Prairies. Il a comparu mercredi au palais de justice de Montréal pour faire face à plusieurs chefs d'accusation, notamment d'incendies criminels et d'entrée par infraction. «Il s'est présenté au poste et n'a pas expliqué pourquoi il se rendait. Est-ce parce qu'il sentait une certaine pression depuis la diffusion de sa photo dans les médias? C'est possible», a raconté l'agent Olivier Lapointe, du SPVM.

La police n'a toujours pas divulgué les mobiles de ces attaques. Mais plusieurs hypothèses circulent. L'une d'elles avance que des gangs de rue et des petits revendeurs indépendants tenteraient de profiter de la désorganisation des Hells Angels et de la mafia, dont les assises ont été fortement ébranlées par plusieurs frappes policières récentes, pour se tailler une place sur l'échiquier interlope. Une autre hypothèse suggère que les incendies ont été allumés par des membres de gangs de rue à la solde d'un clan italien. Cette diversion viserait à intimider les tenanciers de cafés italiens, dans l'espoir de profiter du jeu de chaises musicales observé ces derniers mois dans le milieu, afin d'instaurer de nouveaux points de vente de stupéfiants.

Enfin, l'assassinat en janvier dernier de Sam Faluso, trafiquant de drogue qui contrôlait vraisemblablement plusieurs cafés italiens, pourrait aussi expliquer les attentats du dernier mois. Les incendies pourraient ainsi s'inscrire dans une offensive visant à mettre la main sur le territoire du trafiquant.

Du côté du Service de police de la Ville de Montréal, toutes les hypothèses énumérées plus haut sont envisagées et l'enquête se poursuit, menée par la Section des incendies criminels. D'autres arrestations sont à prévoir et le SPVM recherche toujours le complice de Mickendy, âgé d'environ 22 ans, dont l'identité demeure inconnue.

Jour de la marmotte

Au plus fort des attaques, il y a quelques semaines, l'affaire commençait à ressembler au jour de la marmotte. À deux reprises, les incendiaires ont frappé deux cafés la même nuit. Sans compter la proximité des incidents, notamment quatre en une semaine à la fin novembre.

Et le manège était presque identique chaque fois. Les attaques survenaient presque systématiquement vers 4h ou 5h, dans des petits cafés qui se fondent dans le paysage résidentiel. Les cocktails Molotov s'éteignaient presque aussitôt et les dommages étaient toujours superficiels.

Ce qui n'empêchait pas le symbole de ces attaques de commencer à peser lourd et de forcer les autorités à réagir. Des patrouilles policières «de prévention» visant à protéger les commerces susceptibles d'allonger la liste des victimes d'attentats ont d'ailleurs été mises sur pied.

Le travail des policiers est cependant compliqué par l'omerta qui règne autour de cette vague d'attaques. Les victimes collaborent peu, avait expliqué il y a quelques semaines le commandant Robert Quévillon, de la Section des incendies criminels.

Les nombreux employés et propriétaires des cafés - ciblés ou non - interrogés par La Presse depuis le début de cette affaire se sont effectivement montrés peu loquaces. Tous soutiennent n'avoir fait l'objet d'aucune menace et tenir des endroits propres, sans liens avec le crime organisé.

* * *

LES ATTENTATS

> 26 NOVEMBRE

CAFÉ-BISTRO LAROSA

(3943 rue Fleury)

> 24 NOVEMBRE

CAFÉ-BAR FERRARI

( 8061 André-Ampère)

> 23 NOVEMBRE

CAFÉ VEGAS

(2670, rue Jean-Talon)

> 19 NOVEMBRE

CAFÉ CRYSTELE

(Angle Villeray et 17e avenue)

> 5 NOVEMBRE

CAFÉ AVIANO

(Angle Saint-Michel et Legendre)

> 29 OCTOBRE

CAFÉ BISTRO CHARLAND

(Rue Charland)

> 28 OCTOBRE

CAFÉ PIRANDELLO

(Rue Robert)

BARPEACHES

(Boul. Saint-Michel)

> 17 OCTOBRE

BAR PEACH

(8974 Boul. Langelier)

> 13 OCTOBRE

CAFÉ BUEN JIORNO

(5055 avenue Couture)

SALLES DE RÉCEPTION CHÂTEAU CLASSIQUE

(6010 des Rivières)

> 27 SEPTEMBRE

CAFÉ BACCIO

(8760 boulevard Gouin)

> 22 SEPTEMBRE

BISTRO SOLARIS

(5484 rue Décarie)




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