Glissement de terrain: «Je suis surpris par l'ampleur des dégâts»

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Une maison menace de s'effondrer après un glissement de terrain important en bordure de la rivière Richelieu.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

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Le propriétaire de la maison qui a bien failli disparaître dans un important glissement de terrain près de la rivière Richelieu, dimanche, se considère chanceux d'avoir été au travail lorsque son terrain a été emporté.

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Le propriétaire Dominic Feuiltault est inquiet pour sa résidence.

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Le glissement s'est arrêté à un mètre de la maison.

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Dominic Feuiltault était à son bureau, à 5 minutes de chez lui, à Saint-Roch-de-Richelieu, en Montérégie, quand c'est arrivé, vers 11h30, dimanche. 

«J'ai reçu un appel de la Sûreté du Québec, car un citoyen de l'autre côté de la rive avait vu un affaissement de terrain. J'ai été sur les lieux et c'est là que j'ai vu ça. Je suis surpris par l'ampleur des dégâts. Il n'y avait personne dans la maison quand c'est arrivé, heureusement.» 

Au lendemain du glissement, M. Feuiltault, qui est pompier à temps partiel, a encore du mal à y croire. 

«Ma première réaction, ça a été un bonheur, parce qu'il n'y avait pas de victime, il n'y avait rien. Ça reste juste du matériel. J'étais content dans ma malchance.» 

La Sûreté du Québec a dressé un périmètre de sécurité autour de la maison. M. Feuiltault a tout juste eu le temps d'aller chercher quelques effets personnels. 

«Mes enfants n'habitent pas avec moi, heureusement. C'est sûr qu'ils viennent les fins de semaine, et que ça aurait pu se passer pendant la nuit. La maison aurait pu partir en même temps...» 

Les experts croient que la maison pourrait être emportée dans un autre glissement, c'est pourquoi personne ne peut y mettre les pieds pour l'instant.

« Ils estiment qu'il y a une grosse possibilité que la maison ou une partie de la maison soit emportée. » 

M. Feuiltault dit que le glissement de terrain pourrait s'avérer couteux pour lui, car il n'était pas assuré contre cela. « Il n'y a aucune assurance qui couvre ça au Québec. » 

Ça fait une dizaine d'années qu'il habite la maison, dit-il. « Je parle aux gens du coin, et depuis 10 ans, il y en a eu environ 10 glissements de terrain à Saint-Roch-de-Richelieu, et cette année je suis le troisième. Mais dans les autres cas, c'était d'une ampleur moins grande. On voit qu'il y a un gros problème d'érosion. » 

Transformée en boue

Pour le géologue François Prud'homme, qui habite lui-même dans la municipalité voisine,  Saint-Ours, près de la rivière Richelieu, les glissements de terrain sont causés par plusieurs facteurs. 

« Plus tu es haut par rapport à la rivière, plus le talus est érodé, plus ils ont coupé les arbres sur le bord du talus, et avec les bateaux à moteur, ça fait des vagues et de l'érosion en bas de talus. C'est de l'argile, et l'argile, quand tu la cisailles, elle se transforme en boue. » 

M. Prud'homme note que bien des gens qui se construisent des maisons près du Richelieu tentent d'être tout juste à la limite permise, le plus près de l'eau possible. 

« Il y a une volonté d'avoir une belle vue, et je comprends ça. Souvent, les gens coupent les petits arbres, ils enlèvent les arbustes, pour que ça fasse propre, ils éclaircissent. C'est une façon de faire qui n'aide pas. Si tu déboises, tu accélères le phénomène », dit-il, ajoutant ne pas pouvoir se prononcer sur les détails dans ce cas précis, qu'il n'a pas analysé.  

M. Prud'homme note que la limite de son propre terrain, qui donne sur la rivière Richelieu, a reculé de trois mètres depuis 20 ans. 

« J'ai une maison ancestrale, et dans le temps ils construisaient les maisons près de la route, ou au milieu du terrain. Ils n'étaient pas intéressés par le bord de l'eau. Ma maison est à 30 mètres du bord de l'eau. » 

Autre élément qui peut nuire à la stabilité des talus : la présence grandissante des bateaux à moteur sur la rivière Richelieu. 

« Depuis quelques années, il y a beaucoup de gros bateaux qui font d'énormes vagues sur le Richelieu. Ça n'aide pas. C'est un choix au Québec qu'on a fait de ne pas légiférer sur la grosseur des vagues. Au Vermont, tu n'as pas le droit de faire de vagues. Ils protégèrent leurs berges. Ici, on n'est pas rendu là. »




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