Un policier de la SQ fait couler son camion pour frauder 21 000 $

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Le sergent-détective de la Sûreté du Québec Jean Barbeau a été reconnu coupable cette semaine de six chefs d'accusation de fraude, de faux document, de document contrefait, d'entrave à la justice et de méfait public.

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Le sergent-détective de la Sûreté du Québec Jean Barbeau était prêt à tout pour résoudre ses problèmes financiers en 2008, même faire couler son véhicule dans la voie maritime pour frauder son assureur, puis mentir à répétition aux policiers et au juge pendant son procès. Jean Barbeau a été reconnu coupable cette semaine de six chefs d'accusation de fraude, de faux document, de document contrefait, d'entrave à la justice et de méfait public.

«L'accusé s'est construit un faux alibi dans le but de camoufler son crime afin de réclamer une compensation de sa compagnie d'assurances», résume le juge de la Cour du Québec Pierre Bélisle dans sa décision rendue le 30 janvier dernier, au terme d'un procès qui s'est échelonné sur deux ans et demi.

Le policier de 28 ans d'expérience basé à Valleyfield a rapporté le 28 novembre 2008 le vol de son camion de marque GMC Sierra 2006. Selon sa version, il avait quitté sa résidence vers 16h30 et avait constaté la disparition de son camion quatre heures plus tard. Il avait finalement reçu 18 546,91 $ de son assureur pour le véhicule et 3141 $ pour des outils volés.

Or, en juillet 2009, le camion de Jean Barbeau a été découvert par des plongeurs au fond de la voie maritime du Saint-Laurent, près du Quai Baillargeon, à 3 km de chez lui. Un double de la clé a même été retrouvé dans le contact du démarreur, alors que la vitre du conducteur était abaissée. « Il est illogique que des voleurs se soient emparés d'un véhicule d'une telle valeur pour ensuite le jeter à l'eau après avoir enlevé la plaque et le numéro de série pour ne conserver que des outils de peu de valeur», évoque le juge Bélisle.

Les policiers ont alors obtenu une autorisation judiciaire pour mettre sur écoute Jean Barbeau et sa conjointe, obtenant ainsi des conversations compromettantes entre ces derniers. Deux mois plus tard, en novembre 2010, le sergent-détective a été arrêté et accusé de six chefs d'accusation. La Sûreté du Québec l'a ensuite suspendu à demi-solde dès 2011.

Manque de transparence

Le juge Bélisle a entièrement rejeté le témoignage de Jean Barbeau qui niait fermement avoir orchestré une telle fraude. «L'accusé manque de transparence. Il n'a pas témoigné avec candeur. Il est calculateur. Dans ses différentes déclarations, il s'est contredit à plusieurs reprises sur des aspects importants du dossier. Son récit, à certains égards mensonger et à d'autres, peu fiable doit être écarté», écrit le juge.

Selon le juge, le mobile du crime «ne peut être autre que financier». À cet effet, le sergent-détective Barbeau avait excédé le kilométrage alloué à son contrat de location et s'exposait à des frais de 12 cents du kilomètre excédentaire. «Il prétend n'avoir jamais eu de problèmes financiers. Pourtant, il n'a plus de cartes de crédit depuis longtemps. Il était désorganisé. Les factures s'accumulaient. Il mettait ça sur la pile. Il était en retard dans ses paiements, dont celui de la taxe scolaire depuis deux ans», souligne le juge.

Jean Barbeau est suspendu sans solde depuis la tombée du verdict, a indiqué à La Presse le porte-parole de la SQ Daniel Thibodeau. Le processus de destitution prévu par la Loi sur la police a d'ailleurs été enclenché. Au moment des crimes, il était en arrêt de travail depuis 2006 pour harcèlement psychologique.




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