Une agence de travailleurs étrangers fait face à la justice

Les travailleurs qui avaient été floués par leur... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les travailleurs qui avaient été floués par leur ex-employeur, leur compatriote Esvin Cordon, pourront continuer de travailler au Québec au moins jusqu'à l'été prochain.

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Yvon Laprade
La Presse

Une nouvelle histoire touchant des travailleurs sans-papiers vient de faire surface avec la mise en accusation des deux dirigeants d'une agence de placement de personnel, qui avait recours à des illégaux pour combler les besoins de main-d'oeuvre d'usines de transformation de viandes.

Edinson Manuel Infantes Salas et Erika Anilu Gallegos Guillen font face à 32 chefs d'accusation, en vertu de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés. 

Ils ont comparu mardi au palais de justice de Laval, par l'intermédiaire de leur avocat. Ils retourneront en Cour du Québec le 11 décembre. 

L'Agence des services frontaliers du Canada leur reproche d'avoir été en possession de «documents falsifiés», des permis de travail expirés, afin de «tromper des employeurs légitimes».

La plupart de ces travailleurs sans-papiers, d'origine latino-américaine, notamment, auraient été renvoyés dans leur pays d'origine, après enquête sur leur statut. Impossible, cependant, de connaître le nombre de ces «illégaux» et combien d'entre eux auraient demandé la révision de leur dossier devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada. 

La prison 

M. Infantes Salas et Mme Gallegos Guillen, à la tête de l'entreprise à numéro 9197-1572 Québec inc., rue Saint-Hubert, à Montréal, s'exposent à une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 14 ans et à une amende de 50 000 $.

Appelé à commenter les accusations qui pèsent sur lui, Edinson Manuel Infantes Salas, 48 ans, affirme qu'on aurait «abusé» de sa confiance et que «des personnes» lui auraient «menti» à propos de la validité des permis de travail. 

«On m'a fourni des faux documents et je l'ignorais», a-t-il prétendu, en entrevue téléphonique avec La Presse

Celui qui se surnomme «Edy», d'origine péruvienne, soutient en outre qu'il «n'a rien à se reprocher» et que c'est «la première fois» qu'il se retrouve dans une telle situation. 

Sur son site web, l'agence se vante de compter sur une main-d'oeuvre de 200 employés, «par jour, temporaires ou permanents», avec de l'expérience en emballage et désossage de viandes (porc, poulet, canard). L'agence affiche les noms de ses clients transformateurs (Lacroix, Pro-Marque, Orviande, Salaison Alpha et Volailles Régal). 

C'est d'ailleurs une perquisition menée par l'Agence des services frontaliers chez un de ses clients, Volailles Régal, qui a mis en branle le processus de mise en accusation et l'expulsion des travailleurs étrangers.

Menottés, escortés 

Volailles Régal, dont l'usine est située dans le quartier Sainte-Rose, à Laval, avait reçu la visite d'une cinquantaine d'agents de l'Agence des services frontaliers, en septembre 2016, dans le cadre d'une enquête menée sur l'embauche de travailleurs illégaux. 

Des travailleurs illégaux étaient alors sortis de l'usine menottés, escortés et emmenés pour y subir un interrogatoire dans un fourgon cellulaire. Des perquisitions avaient également été menées à l'agence de la rue Saint-Hubert. 

La direction de Volailles Régal s'est refusée à tout commentaire. «Appelle les Services frontaliers, monsieur!», a répondu, sur un ton laconique, un dirigeant de l'entreprise, avant de raccrocher.




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