Fuites: la SQ supposait que les médias s'aidaient entre eux

Le président de la Commission d'enquête sur les... (Robert Skinner, archives La Presse)

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Le président de la Commission d'enquête sur les sources journalistiques, Jacques Chamberland.

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La Presse qui donne une nouvelle exclusive à TVA, puis qui en transmet une autre à Radio-Canada : dans une enquête menée sur des fuites journalistiques, la Sûreté du Québec a estimé que bien qu'ils soient concurrents, les médias s'aident entre eux.

Devant la Commission Chamberland ce matin, Pierre Frenette, qui a mené cette enquête de la SQ sur des fuites médiatiques sur l'affaire Ian Davidson, a expliqué sa théorie.

« C'est Ian Lafrenière [alors aux relations médias du SPVM] qui m'explique la façon de procéder. Il est tout le temps avec les journalistes, il m'a expliqué cette façon de faire. Il vit avec eux autres », a précisé le retraité de la Sûreté du Québec.

La Sûreté du Québec avait été mandatée en février 2012 par le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, pour faire enquête sur les fuites d'informations confidentielles dans l'affaire Davidson. Cette taupe du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a essayé de vendre une liste ultra secrète d'informateurs. Des détails de l'enquête se sont retrouvés dans différents médias, notamment dans un article de La Presse paru en janvier de la même année.

La Sûreté du Québec estimait que le policier qui avait fait couler l'information l'avait d'abord donné à La Presse, qui l'avait relayée à d'autres médias. Cette théorie se retrouve dans un rapport de la SQ rédigé à l'époque.

« La Presse aurait obtenu à la fois le PowerPoint et l'affidavit et aurait donné l'affidavit à TVA Nouvelles. TVA Nouvelles a obtenu l'exclusivité, suivi du Téléjournal de RDl/Radiojournal/Désautels/CBC News/Téléjournal Grand Montréal. Par contre, les informations diffusées ne sont pas exactement les mêmes », y lit-on.

Pour mener à bien cette enquête, la SQ a obtenu des informations du SPVM, qui lui a fourni une liste d'appels faits entre des journalistes et des policiers du SPVM de la mi-2011 au début 2012. 

L'ex-enquêteur de la SQ a détaillé hier ce que le SPVM lui avait fourni pour débuter son enquête. « C'était les registres de téléphone, leur enquête dans le fond. Ce qui avait été fait à date, ce qu'on avait. Je n'ai rien demandé, ils sont arrivés avec ce qui existait », a dit Pierre Frenette.

Son témoignage se poursuit ce matin. L'ex-ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, est attendu plus tard aujourd'hui.




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