La police de Laval a enquêté sur une fuite malgré des aveux

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Un rapport produit hier devant la commission Chamberland démontre qu'un mandat de perquisition pour accéder au contenu de messages textes entre deux journalistes et des policiers de Laval a été obtenu dans le cadre d'une enquête.

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Le Service de police de Laval a soupçonné qu'un de ses policiers avait fourni des informations sensibles à une journaliste du 98,5 FM parce qu'il avait eu ou souhaitait avoir des rapports sexuels avec elle, ce qui n'était pas le cas. Une enquête criminelle a été ouverte et ce, même si le policier était déjà passé aux aveux.

L'affaire remonte à décembre 2014, lorsqu'un pompier de Laval est arrêté devant son lieu de travail parce qu'il est soupçonné de trafic de stupéfiants. Le matin même de l'opération, la journaliste Monic Néron rapporte l'évènement au 98,5, avec «des détails qui n'avaient pas été communiqués à la police».

Le policier Dominico Digenova avoue dès le lendemain qu'il est l'une des sources de la journaliste, mais la police de Laval ouvre tout de même une enquête criminelle, parce qu'on soupçonne ce même policier d'être à l'origine de fuites survenues précédemment.

Lorsqu'il rencontre son supérieur pour lui faire ses aveux, celui-ci lui demande à Dominico Digenova s'il a «couché avec la journaliste», lit-on dans des documents déposés hier devant la Commission d'enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques. «Il m'a affirmé que non, qu'il voulait seulement se servir d'elle pour faire avancer la cause des dossiers sur lesquels il est assigné», écrit le policier Jean Joly dans un rapport.

Propos «grossiers»

Dominico Digenova était également soupçonné par un de ses collègues d'avoir parlé à Monic Néron «parce qu'il voulait la fourrer», lit-on dans une déclaration sous serment déposée en cour pour obtenir l'accès aux registres téléphoniques du policer Digenova.

Devant la commission Chamberland hier, le sergent Hugues Goupil du Service de police de Laval a dû justifier la pertinence de rapporter de tels propos «grossiers» à un juge autorisant les mandats.

«La raison est assez simple : il y avait des possibilités que le but de la fuite médiatique soit autre, de façon personnelle ou intime, a-t-il dit. Je pense que c'était pertinent que je le mentionne.»

«C'est la réalité et vu le personnage, ça pouvait être une possibilité. Ça ne l'était pas, tant mieux», a poursuivi Hugues Goupil.

Des messages textes examinés

Un rapport produit hier devant la commission Chamberland démontre en outre qu'un mandat de perquisition pour accéder au contenu de messages textes entre deux journalistes et des policiers de Laval a été obtenu dans le cadre de la même enquête.

«Une courte analyse nous permet de constater que le SD Digenova a discuté en mode messages textes avec Monic Néron et Audrey Gagnon la veille de l'opération», peut-on lire dans le rapport d'enquête, qui reproduit certains de ces messages textes.

La journaliste Audrey Gagnon avait signé des reportages diffusés à LCN sur l'arrestation du pompier de Laval.

Aujourd'hui : Hugues Goupil poursuit son témoignage. Jean Joly, inspecteur retraité du Service de police de Laval, et Monic Néron, journaliste, sont attendus devant la Commission.




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