Enquête Escouade: l'affaire Lagacé dans les cartons de la SQ

Ce sont notamment les révélations de La Presse... (Photo David Boily, Archives La Presse)

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Ce sont notamment les révélations de La Presse sur les mandats visant Patrick Lagacé qui ont mené à la création de la Commission sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques - présidée par le juge Jacques Chamberland - dont les travaux ont débuté à Montréal.

Photo David Boily, Archives La Presse

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Daniel Renaud
La Presse

L'enquête Escouade, qui a mené à l'arrestation de l'enquêteur de la police de Montréal Fayçal Djelidi et à l'affaire Lagacé, est examinée depuis quelques semaines par l'équipe dirigée par la Sûreté du Québec (SQ) chargée de faire la lumière sur les allégations de fabrication de preuve aux affaires internes du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a appris La Presse.

Selon nos informations, au moins trois témoins auraient été rencontrés ou questionnés au sujet de cette affaire par les enquêteurs de l'équipe intégrée qui en seraient encore au stade du « débroussaillage » et « de placer des morceaux du casse-tête », nous a confié une source.

Les enquêteurs auraient également saisi des boîtes de documents au Centre opérationnel de la Division sud du SPVM, rue Guy, où travaillait le policier Djelidi avant d'être arrêté, le 7 juillet 2016. La SQ n'a toutefois pas voulu confirmer que l'enquête Escouade avait abouti dans les cartons de son équipe intégrée.

Fayçal Djelidi et un collègue de la section Stupéfiants et Gangs de rue, David Chartrand, ont été appréhendés par des collègues des Enquêtes spéciales du SPVM, en novembre 2015, à la suite d'allégations d'abus de confiance et de fabrication de preuve. Au cours de cette enquête baptisée Escouade, des mandats ont été obtenus contre les policiers visés, mais aussi contre le chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé, avec qui le policier Djelidi aurait eu des contacts. Ce sont notamment les révélations de La Presse sur les mandats visant Patrick Lagacé qui ont mené à la création de la Commission sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques - présidée par le juge Jacques Chamberland - dont les travaux ont débuté à Montréal.

PROPOS RACISTES

Selon des mandats de perquisition obtenus par La Presse, l'enquête Escouade commence en novembre 2015 à la suite d'informations provenant d'une source ayant « des épisodes paranoïaques ». Celui-ci affirme qu'un policier prénommé Fayçal met de l'héroïne dans les poches des individus qu'il arrête dans le but d'en faire des informateurs. L'homme a fait ces déclarations au mois de septembre précédent lors d'une vérification aléatoire du Module de contrôle des informateurs (MCI) créé pour déceler tout problème dans le contrôle et l'encadrement des sources policières.

Hier, devant la commission Chamberland, l'avocat de La Presse, Me Christian Leblanc, a soulevé des questions sur le délai de plus d'un mois écoulé entre la dénonciation initiale de l'informateur et le début de l'enquête sur Fayçal Djelidi, alors que le crime qui lui est reproché est grave.

Me Leblanc a également soulevé le fait que le responsable du MCI aurait tenu des propos racistes envers Fayçal Djelidi à l'ancien patron de ce dernier quelques semaines avant le déclenchement de l'enquête Escouade.

Devant la commission Chamberland hier, l'inspecteur-chef au SPVM Antonio Iannantuoni a confirmé qu'une note avait été inscrite dans un dossier au sujet d'un tel incident.

La Presse a également appris que le policier Djelidi se serait disputé avec un superviseur des Affaires internes un an avant le début de l'enquête le visant. Cette information n'a toutefois pas encore été soulevée ni confirmée depuis le début de toute l'affaire.

D'autres informations qui circulent veulent par ailleurs que l'enquête a été baptisée Escouade car elle visait à l'origine un plus grand nombre d'enquêteurs et ex-enquêteurs de la région sud du SPVM et que c'est la raison pour laquelle les noms de dix policiers apparaissent aux côtés de ceux des journalistes Patrick Lagacé et Vincent Larouche dans le mandat d'écoute visant l'enquête Djelidi.

Rappelons que ces dernières semaines, par souci de transparence, toutes les enquêtes internes du SPVM en cours et à venir ont été transférées à l'équipe mixte d'enquête dirigées par la SQ. La somme de travail serait tellement colossale qu'au moins quatre enquêteurs pourraient être ajoutés à l'équipe intégrée, nous a-t-on dit.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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