«Épuisés», les juristes de l'État envisagent de cesser la grève

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Des juristes de l'État ont manifesté à Québec, le 27 janvier.

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(QUÉBEC) Après presque 17 semaines de grève, les juristes de l'État sont « à bout de souffle » et envisagent de retourner au travail, reconnaît le président de leur syndicat, Jean Denis. Ils poursuivent le gouvernement pour près de 37 millions dollars, l'accusant de négocier « de mauvaise foi ».

Les 1100 avocats et notaires se réuniront mardi en assemblée extraordinaire pour décider s'ils cesseront ou poursuivront leur débrayage.

Le vote « va être serré », a dit M. Denis lundi avant de multiplier les déclarations laissant entrevoir un retour au boulot. « Les membres sont épuisés. Ça fait 15 jours qu'il n'y a plus rien [dans le fonds de grève]. Des gens disent qu'ils veulent retourner » au travail.

Un éventuel retour au boulot ne représenterait pas un échec de la stratégie syndicale aux yeux de M. Denis. « Les gens se disent : on va rentrer la tête haute, on a fait ce qu'on avait à faire, mais on est devant quelqu'un d'intransigeant. »

Il a rappelé que la grève des juristes de l'État est la plus longue dans le secteur public de l'histoire du Canada. « On ne fera pas un cadeau [au gouvernement] en rentrant, mais on se fait un cadeau parce que les gens sont épuisés », a affirmé M. Denis.

Il est possible selon lui que les membres décident de rentrer au travail tout en refusant de faire du temps supplémentaire. Une autre option serait de se présenter au bureau deux ou trois jours par semaine. Chose certaine, « le gouvernement devra vivre avec notre humeur. On peut travailler mais avoir une humeur de cochon ! », a lancé M. Denis.

Selon lui, le gouvernement a voulu se servir des juristes de l'État pour envoyer un message aux autres syndiqués : « ils ont sorti 17 semaines et on ne leur a rien donné, essayez de sortir pour le fun ! »

Le syndicat accuse le gouvernement de négocier « de mauvaise foi » et « de façon malicieuse », « dans l'intention de nuire et d'humilier » ses membres depuis le début de la grève. Il le poursuit devant le Tribunal administratif du travail pour 36,750 millions de dollars.

Il réclame plus précisément :

- Le remboursement du fonds de grève de quatre millions

- Le remboursement de la marge de crédit contracté par le syndicat de huit millions

- Une compensation monétaire pour dommages moraux de 15 000 $ pour chaque membre

- Le paiement de dommages punitifs de 7500 $ pour chaque membre

- Le remboursement des honoraires professionnels engagés par le syndicat

Pierre Moreau s'insurge

Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, s'insurgeait lundi devant les propos de Me Jean Denis. «Je trouve tout à fait déplacé la façon dont ils présentent les choses. Qu'ils souhaitent rentrer je n'ai aucun problème avec ça, mais cela ne change pas la détermination avec laquelle je veux conduire les négociations.»

«Je trouve tout à fait regrettable de les entendre dire qu'il n'y a rien qui progresse. En trois semaines je les ai rencontrés trois fois, on a bonifié à deux occasions l'offre du gouvernement. Je suis convaincu que ce qui est sur la table correspond, au terme de quatre ans, à ce que les procureurs de la Couronne vont toucher. Si les membres de l'Aneq veulent davantage, je ne peux pas» de soutenir M. Moreau.

«Je suis encore en mode négociation, mais c'est pas vrai qu'on va défoncer le cadre financier qui a été instauré pour les 450 000  employés du secteur public» a-t-il conclu.




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