Affaire Lagacé: une enquête qui change de cap

Les Affaires internes du SPVM n'ont jamais pu... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les Affaires internes du SPVM n'ont jamais pu confirmer que Fayçal Djelidi piégeait des suspects, mais ont découvert qu'il fréquentait des salons de massages érotiques: il a eu 698 contacts téléphoniques avec des escortes en quelques mois.

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L'enquête sur Fayçal Djelidi, qui a mené à la mise sous surveillance de deux journalistes de La Presse, a démarré avec une allégation voulant qu'il glissait de l'héroïne dans les poches de suspects et s'est terminée avec des accusations liées à la prostitution et à des irrégularités dans le contrôle de sources.

C'est ce qu'indiquent les documents produits par la police pendant sept mois afin d'obtenir différents mandats leur permettant d'espionner des téléphones - entre autres celui du chroniqueur Patrick Lagacé.

Selon des documents, libérés ce matin par la juge Hélène Morin de la Cour du Québec, les Affaires internes du SPVM n'ont jamais pu confirmer que Djelidi piégeait des suspects, mais ont découvert qu'il fréquentait des salons de massages érotiques: il a eu 698 contacts téléphoniques avec des escortes en quelques mois.

Dans l'un des mandats, les Affaires internes du SPVM affirment aussi avoir découvert que Djelidi a «rejoint une mineure s'affichant sur Internet comme ayant 19 ans et offrant ses services sexuels» en février 2016. Il s'agissait d'une fugueuse recherchée.

De plus, en juin 2016 après six mois d'enquête, les enquêteurs chargés du «Projet Escouade» au SPVM ont décidé de transmettre à Djelidi des informations par le biais d'une fausse source criminelle (en fait un policier de la GRC): 10 kilos de cocaïne se trouveraient dans un mini-entrepôt du centre-ville.

Or, dans un document destiné à obtenir un mandat de justice afin de perquisitionner l'endroit, Djelidi établit un lien entre cette cache de drogue et le Grand prix de Formule 1, prévu au même moment, possiblement dans le but d'accélérer la frappe. Ces allégations «ne sont pas conformes aux informations telles qu'elles ont été transmises» par la fausse source, dénoncent les Affaires internes du SPVM.

C'est de cet événement que découlent une partie des accusations criminelles contre Djelidi.

«Ma théorie, c'est que le prétexte d'une enquête criminelle - dans le contexte d'une chasse aux sorcières au SPVM pour trouver qui parle aux journalistes - était beaucoup trop beau pour ne pas en profiter pour fouiller dans mes données téléphoniques», a réagi Patrick Lagacé en entrevue téléphonique.




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