Affaire BCIA : deux policiers envoyés à la retraite pour éviter un procès

Deux enquêteurs procèdent à une perquisition dans les... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Deux enquêteurs procèdent à une perquisition dans les locaux de BCIA.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Deux officiers du SPVM et un enquêteur suspendus dans la foulée du scandale de l'agence de sécurité BCIA sont envoyés à la retraite.

Le SPVM avait suspendu en juin 2013 l'inspecteur-chef Giovanni Di Feo, l'inspecteur Jimmy Cacchione et l'enquêteur Tonino Bianco, basés à l'aéroport Montréal-Trudeau, parce qu'ils faisaient l'objet d'une enquête disciplinaire interne. On reprochait notamment aux deux premiers des fréquentations douteuses comme Luigi Coretti, ancien patron de l'agence de sécurité BCIA accusé de fraude. Ils avaient été suspendus d'abord sans solde, puis avec solde.

Les policiers contestaient leur suspension et les audiences disciplinaires avaient débuté, mais «des ententes hors cour [...] dans le but de mettre fin au litige, sont intervenues avec chacun des trois policiers, permettant de mettre fin à leur emploi et aux procédures», peut-on lire dans un document approuvé hier par le comité exécutif. Des ententes «dans l'intérêt de chacune des parties», «notamment en évitant les aléas d'un procès», note-t-on.

L'agent Di Feo et l'agent Cacchione remettront leur insigne de policier le 2 janvier 2015. Après quoi, il y aura «quittance» complète, précise-t-on dans le document qui sera soumis aux élus de l'agglomération de Montréal. Le sergent-détective Tonino Bianco sera quant à lui officiellement à la retraite le 5 avril 2017.

Puisque l'entente réglée à l'amiable est confidentielle, il est impossible de savoir si lui ou ses confrères occuperont leurs fonctions d'ici là. À la Ville de Montréal, on précise «qu'aucun commentaire ne sera fait, conformément aux ententes intervenues».

L'avocat qui a représenté les agents Di Feo et Cacchione, Me Patrick Trent, a expliqué qu'il n'avait pas eu de contacts avec ses clients depuis qu'il avait obtenu une suspension avec solde devant les tribunaux. Au SPVM, on a expliqué que le service n'a pas l'habitude d'émettre des commentaires dans ce genre d'affaires. La Fraternité des policiers et policières de Montréal ne nous a pas rappelé.

Infractions graves

Le 17 juin 2013, MM. Di Feo et Cacchione apprennent qu'ils ont été mis sur écoute électronique et qu'ils sont suspendus sans solde pour des infractions disciplinaires graves. Le même sort est réservé à M. Bianco.

On leur reproche «leur manque de loyauté envers l'employeur, le bris du lien de confiance, des fréquentations douteuses, et des manquements aux procédures opérationnelles». Ils se retrouvent sans emploi et sans salaire. Une perte de 133 000$ par année pour M. Di Feo et de 122 000$ pour M. Cacchione.

On reproche aussi aux deux cadres d'avoir eu des contacts réguliers avec Luigi Coretti, grand patron de BCIA, et d'avoir conseillé ce dernier dans ses démarches à la cour et avec les médias. M. Di Feo est le parrain du fils de M. Coretti. Ce dernier sera accusé en 2012 de fraude, faux et usage de faux, pour avoir surévalué ses comptes clients afin d'obtenir des fonds des institutions financières

Août 2013. Les suspensions sans solde sont contestées en cour par les deux policiers. Un jugement leur donne raison. Quelques mois plus tard, le gouvernement du Québec rend public un nouveau règlement entourant les enquêtes disciplinaires. Le reste du litige se règle loin des projecteurs, jusqu'à l'entente de départ à la retraite approuvée cette semaine par le comité exécutif.




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