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L'ex-ministre Tomassi arrêté dans une frappe contre la prostitution

L'ancien ministre québécois de la Famille Tony Tomassi a... (Photo Patrice Laroche, archives Le Soleil)

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L'ancien ministre québécois de la Famille Tony Tomassi a été appréhendé dans le cadre d'une opération ciblée du module Moralité du SPVM - qui relève maintenant de l'escouade Éclipse - menée dans le quartier Ahuntsic.

Photo Patrice Laroche, archives Le Soleil

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L'ancien ministre québécois de la Famille Tony Tomassi a été arrêté vendredi soir pour avoir sollicité une prostituée qui était en fait une agente double du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a appris La Presse.

L'ancien ministre a été appréhendé dans le cadre d'une opération ciblée du module Moralité du SPVM - qui relève maintenant de l'escouade Éclipse - menée dans un secteur où se trouvent des motels, rue Lajeunesse, au nord de la rue Sauvé, dans le quartier Ahuntsic.

L'opération s'est échelonnée sur une partie de la soirée, jusqu'en début de nuit. Six clients ont été arrêtés, dont M. Tomassi, information que n'a toutefois pas voulu confirmer le SPVM. Les clients ont reçu des citations à comparaître le en cour municipale et font face à un chef de sollicitation de faveurs sexuelles. Leur comparution doit avoir lieu le 1er février.

« Les suspects ont approché des agents doubles et sollicité des services sexuels. Une entente a été conclue entre eux et les policiers de la moralité sont aussitôt intervenus pour les arrêter », explique le commandant François Harrisson-Gaudreau, de l'escouade Éclipse.

« Ce ne sont pas les travailleuses du sexe qui sont visées. Ce sont les gens qui ont des comportements dérangeants et qui font de la sollicitation. »

- François Harrisson-Gaudreau

« Des citoyennes se font interpeller. Nous ne sommes pas allés là par hasard. Il y a eu des plaintes des citoyens et du poste de quartier 27. On a fait une évaluation de la situation et jugé qu'il y avait une problématique de tranquillité publique et d'incivilité dans le secteur », a ajouté l'officier.

Les clients devraient comparaître d'ici quatre à six semaines.

Rappelons que depuis l'adoption de la loi C-36 par le gouvernement conservateur de Stephen Harper en 2014, l'achat de services sexuels est interdit au Canada. Cette loi criminalise l'obtention de services sexuels moyennant rétribution et incrimine uniquement les clients.

QUI EST TONY TOMASSI ?

Tony Tomassi a été élu député à l'Assemblée nationale pour la première fois en 2003, sous la bannière du Parti libéral du Québec (PLQ). Réélu à deux reprises, il a représenté la circonscription de La Fontaine pendant neuf ans.

Devenu ministre de la Famille en 2008 sous le gouvernement de Jean Charest, il a été démis de ses fonctions et exclu du PLQ en mai 2010 après des révélations sur son utilisation d'une carte de crédit de la firme de sécurité BCIA pour faire le plein d'essence de son véhicule personnel. Ses transactions auraient coûté au total 6995,31 $ alors que ses frais de transport lui étaient remboursés par l'Assemblée nationale.

Il est également suspecté d'avoir favorisé des proches dans le cadre de l'attribution de places dans les garderies au cours de son passage au ministère de la Famille.

DÉMÊLÉS JUDICIAIRES

En octobre 2011, il a été formellement accusé de fraude envers le gouvernement, d'abus de confiance et d'avoir accepté de la firme BCIA « une récompense, un avantage ou un bénéfice en échange de l'influence qu'il aurait pu exercer au sein du gouvernement » en sa faveur.

Tony Tomassi a démissionné de son poste de député le 3 mai 2012 après avoir siégé comme député indépendant pendant des mois. Il a été blâmé par le commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale pour sa très longue absence du Parlement du Québec.

Ayant plaidé coupable à l'accusation de fraude envers le gouvernement, Tony Tomassi a été condamné à 240 heures de travaux communautaires, au remboursement de 2550 $ au ministère des Finances en juin 2014 et au versement de dons à des organismes de charité. Il avait évité d'être accusé d'abus de confiance et d'avoir accepté un avantage ou un bénéfice de BCIA en échange de son influence au sein du gouvernement. La Couronne avait estimé que la preuve constituée contre lui dans ces accusations n'était pas assez solide.

Selon les informations tirées de son profil LinkedIn, Tony Tomassi est actuellement directeur du développement commercial au sein du groupe Immobilier Genco inc.




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