Pas de nouvelle adresse pour un violeur en série

Une fois sorti du pénitencier, Michael Giroux s'est... (Photo David Boily, La Presse)

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Une fois sorti du pénitencier, Michael Giroux s'est installé dans une résidence pour étudiants rue Prince-Arthur Ouest, dans le « ghetto McGill ».

Photo David Boily, La Presse

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Daniel Renaud
La Presse

Un violeur en série ontarien, qui vient de terminer une peine de 20 ans qu'il a dû purger en totalité en raison des risques qu'il représente et qui a emménagé dans une résidence d'étudiants de Montréal, n'a pas avisé la cour de sa nouvelle adresse vendredi, comme il prévoyait le faire.

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Michael Giroux

Michael Giroux, 55 ans, a été libéré le 24 novembre dernier après avoir été condamné en 1996 pour les viols sordides de cinq femmes âgées entre 23 et 42 ans commis dans la région de Toronto durant les années 80. Il a choisi de ne pas retourner en Ontario et de s'établir à Montréal.

Mais dès sa libération, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) l'a arrêté dans le but de lui imposer une obligation de garder la paix, communément appelée « 810 ». Plus précisément, il s'agit de l'article 810.2(3) du Code criminel. La juge Dominique Joly, de la Cour du Québec, a assorti cette obligation d'une vingtaine de conditions sévères. Une mesure rarement vue.

Une fois sorti du pénitencier, Giroux s'est installé dans une résidence pour étudiants sur la rue Prince-Arthur Ouest, dans le « ghetto McGill ». Son identité et son passé ayant toutefois été découverts, le quinquagénaire devait de nouveau se présenter devant la juge Joly, vendredi, au palais de justice de Montréal pour fournir sa nouvelle adresse.

Mais il a aperçu le photographe de La Presse et a tout fait pour l'éviter. Il a fini par s'éclipser, le capuchon de son imperméable bien serré autour de son visage, ne laissant entrevoir que les yeux et le nez. La greffière de la salle 6.11 l'a appelé à quelques reprises à l'intercom, en vain. Il ne s'est jamais présenté, et la cause a été rayée du rôle.

DÉVIANT SEXUEL

Durant ses 20 ans d'incarcération, Giroux a vu sa libération conditionnelle être refusée à au moins cinq reprises. Malgré les insistances de son équipe de gestion de cas, il a toujours minimisé ses crimes et refusé de suivre des programmes de thérapie pour délinquants sexuels, allant même jusqu'à dire que cela pourrait aggraver sa situation, selon des décisions rendues par la Commission des libérations conditionnelles du Canada.

« La commission a noté la nature brutale, calculée, prédatrice et aléatoire de vos agressions sexuelles. L'utilisation de diverses armes et d'instruments de contrôle, jumelée aux menaces, pour vous assurer de l'obéissance de vos victimes, démontre vos besoins de montrer votre puissance, votre contrôle et votre comportement voyeur.

« La Commission se réfère à des rapports cliniques qui suggèrent une déviation sexuelle et a noté que vous cachiez une pathologie sexuelle qui fait que vous avez de fortes chances de récidiver », écrivent les commissaires.

La commission souligne également que les crimes ont été commis dans les résidences mêmes des victimes et que leurs vies ont été brisées. Dans au moins un cas, Giroux a pris des photos de sa victime, aux différentes étapes de l'agression. Ces photos ont été retrouvées en sa possession avant son arrestation, avec une importante quantité d'autres photos pornographiques.

Durant sa longue détention, Giroux a eu quelques manquements disciplinaires. En octobre 2014, il a été trouvé en possession d'équipements informatiques contenant des vidéos pornographiques.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

Les 20 conditions de Michael Giroux :

 -Garder la paix et avoir une bonne conduite durant les deux prochaines années

-Ne pas posséder d'arme à feu

-Ne pas se trouver à moins de 500 mètres des victimes des crimes pour lesquels il a été trouvé coupable

-Ne pas communiquer ou tenter de communiquer avec les mêmes victimes

-Ne pas être en présence d'une personne de moins de 16 ans à moins d'être accompagné d'un adulte qui connaît ses antécédents criminels

-Ne pas utiliser internet sauf pour un emploi légitime

-Ne pas fréquenter les lieux publics où peuvent se trouver des personnes de moins de 16 ans tels les garderies, les écoles et les parcs

-Demeurer sur Prince-Arthur Ouest et prévenir les autorités de tout changement d'adresse.

-Rester à son adresse entre 23h et 7h, sauf pour un travail légitime

-Rester au Québec sauf autorisation au préalable. Il peut voyager mais doit demander l'autorisation de la Cour.

-Toujours avoir en sa possession une copie de ses conditions et la montrer si les autorités la demande

-Aviser les enquêteurs de la Division des agressions sexuelles du SPVM s'il veut quitter son domicile durant plus de 48 heures. Il doit fournir son itinéraire, indiquer les lieux où il se rendra et les coordonnées des occupants de ces lieux.

-Doit occuper un emploi ou chercher un emploi légitime et rémunéré

-Ne pas occuper un emploi ou un titre de bénévole qui le place en situation d'autorité envers des personnes de moins de 16 ans

-Interdit de posséder de la drogue ou de l'alcool

-Interdit de fréquenter les bars, discothèques et restaurant, sauf pour manger un repas

-Interdit de consommer des stupéfiants sauf à des fins médicales

-Interdit de consommer de la pornographie

-Interdit d'utiliser un ordinateur dans le but d'accéder à de la pornographie

-Interdit d'avoir accès aux services de prostituées

L'article 810.2(3)

810.2(1) Quiconque a des motifs raisonnables de craindre que des personnes seront victimes de sévices graves à la personne au sens de l'article 752 peut, avec le consentement du procureur général, déposer une dénonciation devant un juge d'une cour provinciale, même si les personnes en question n'y sont pas nommées.

(3) Le juge devant lequel les parties comparaissent peut, s'il est convaincu par la preuve apportée que les craintes du dénonciateur sont fondées sur des motifs raisonnables, ordonner que le défendeur contracte l'engagement de ne pas troubler l'ordre public et d'avoir une bonne conduite pour une période maximale de douze (12) mois.




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