L'ex-organisateur de Kompafest demande une libération conditionnelle

Estofa Carries, incarcéré depuis 2012, a été arrêté... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE)

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Estofa Carries, incarcéré depuis 2012, a été arrêté en février 2011 dans le cadre d'une opération de la division du crime organisé du SPVM visant un réseau de trafiquants d'origine dominicaine du quartier Saint-Michel.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Condamné à six ans de prison pour trafic de drogue, l'ancien organisateur du festival de musique antillaise Kompa de Montréal affirme que c'est parce que ses cartes de crédit étaient «pleines» qu'il a accepté d'aider un trafiquant de drogue qui était en réalité un agent double de la police de Montréal.

C'est ce qu'Estofa Carries a expliqué hier aux commissaires aux libérations conditionnelles qu'il rencontrait pour la première fois depuis son incarcération, en 2012. L'homme de 58 ans a été arrêté en février 2011 dans une audacieuse opération de la Division du crime organisé du SPVM baptisée Acabar et visant un réseau de trafiquants d'origine dominicaine dont le quartier général était situé dans une salle de gym du quartier Saint-Michel. Un bureau de change avait été aménagé dans la salle d'entraînement, permettant ainsi des transferts d'argent, et facilitant des opérations de trafic de drogue et de recyclage des produits de la criminalité.

L'une des membres du réseau, qui tenait le bureau de change et qui était littéralement sous le charme de l'agent double, a présenté ce dernier à Estofa Carries dans son épicerie de la rue Saint-Hubert, et les deux hommes ont conclu une transaction d'exportation et d'importation de 15 kg de cocaïne et de 100 000 pilules de méthamphétamine, évalués à 650 000$ selon un calcul rapide effectué avec les chiffres donnés par le détenu aux commissaires.

Carries, qui a appris qu'il souffre d'un cancer depuis sa détention, a demandé sa libération conditionnelle totale ou, minimalement, son transfert dans une maison de transition située près d'un hôpital. Mais les commissaires Suzanne Chartrand et Jean-Claude Boyer ont pris la décision en délibéré après avoir, dans une geste rare, suspendu l'audience durant quelques minutes pour ensuite qualifier le témoignage du détenu de «difficile à suivre et d'illogique».

Barrage de questions

Carries, qui est considéré par la police et les autorités carcérales comme une relation du crime organisé dominicain, a nié être lié à quelque groupe que ce soit. Il a dit que la transaction qu'il a faite avec l'agent double était la première depuis son arrestation en possession de sept kilogrammes de cocaïne en 1996.

Il s'est défendu en disant que c'est une employée qui lui avait amené l'agent double, qu'elle lui demandait de l'aide, qu'il a accepté «d'embarquer» parce qu'il devait 100 000$ sur ses cartes de crédit et qui si l'agent double n'était pas venu le voir, il n'aurait jamais effectué une telle transaction.

Aux commissaires qui le soumettaient à un interrogatoire serré, Carries a eu du mal à expliquer comment il avait pu financer une importante transaction de drogue s'il était criblé de dettes, pourquoi les policiers ont trouvé d'autres billets de banque déchirés comme celui qu'il avait donné à l'agent double et comment il pouvait connaître des trafiquants de drogue. «Des gens qui venaient à mon bureau de change dans le passé et dont j'avais gardé les noms et les numéros de téléphone. Les billets déchirés ont peut être été laissés par des clients de mon bar», a-t-il expliqué en gros.

En revanche, Carries a admis s'être présenté comme un trafiquant de drogue à l'agent double et garder une cote de 4% sur les transactions.

«Aujourd'hui, je réalise tout le mal que la drogue peut faire à la société. C'est elle qui me prend en charge avec ma maladie et je ne vais pas la trahir», a-t-il répété plusieurs fois, pour tenter de convaincre les commissaires. Le lecteur saura si le coup aura porté dans quelques jours.




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