Julie Snyder: «C'était le festival du buffet ouvert des injures»

Comme son conjoint l'a fait hier, en ouverture... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

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Comme son conjoint l'a fait hier, en ouverture de son témoignage, Mme Snyder a parlé de son propre parcours professionnel, de l'âge de 16 ans à aujourd'hui.

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Bien que Pierre Karl Péladeau travaille très fort, il est «un mari et un père exceptionnellement présent». Quand Julie Snyder anime une émission, il est là, dans les coulisses, à applaudir et à l'encourager, coiffé d'une casquette pour ne pas être reconnu.

«Je me partirais une compagnie de tartes aux pommes, il voudrait toutes les manger», a illustré Julie Snyder, hier, alors qu'elle témoignait au procès en diffamation que son conjoint, Pierre Karl Péladeau, a intenté contre Sylvain Lafrance, vice-président des services français de Radio-Canada. Le litige a trait à des propos qu'a tenus M. Lafrance dans une entrevue publiée par Le Devoir le 31 janvier 2007. M. Lafrance a dit, à propos du grand patron de Quebecor, qui venait d'annoncer qu'il suspendait ses versements au Fonds canadien de télévision: «Ce gars-là se promène comme un voyou, et il est en train de faire dérailler un des systèmes télévisuels qui ont le plus de succès dans le monde.» S'estimant lésé, M. Péladeau et ses entreprises réclament 700 000$ en dommages.

Julie Snyder, ex-animatrice à Radio-Canada, a défendu bec et ongles celui qu'elle a présenté au juge comme son amoureux, l'homme de sa vie. Ils ont commencé à se fréquenter il y a 10 ans, à Paris, et ont deux enfants ensemble. Elle a raconté que, le matin du 31 janvier 2007, en parcourant les journaux, elle est tombée sur cet article. Elle dit l'avoir «lu, relu et encore relu» car cela ne lui paraissait «pas possible». Elle a alerté Luc Lavoie, porte-parole de Quebecor. Elle a écouté les entrevues que M. Lafrance a données dans la journée à trois émissions de Radio-Canada. Elle s'attendait à ce qu'il nuance ses propos. Au contraire. «Il persistait et il signait. J'étais en bas de ma chaise», a dit Mme Snyder. Elle a regardé dans le dictionnaire pour être certaine de bien saisir la signification du mot «voyou». L'animateur Michel Désautels l'avait fait lui aussi, en ondes, dans la journée. On décrivait un voyou comme un individu crapuleux, du milieu interlope.

«J'étais la conjointe d'un mafioso!» s'est exclamée Mme Snyder.

Honteux

Quand Pierre Karl Péladeau est arrivé de Toronto, le soir, il était tendu, fatigué. Ils ont discuté de l'article, parlé de l'impact sur les enfants. «C'était honteux pour lui», a dit Mme Snyder. Elle a raconté que son conjoint et elle avaient eu dans le passé à expliquer aux enfants que des gens pouvaient les critiquer. «Il y en a qui disent que maman est bonne, et il y en a qui disent qu'elle est tarte, mal habillée et qu'elle dit des niaiseries», a-t-elle donné en exemple. La voix cassée, elle a indiqué qu'ils voulaient laver la réputation de Pierre Karl Péladeau. «On est venus ici pour que justice soit rendue,» a-t-elle conclu.

Un peu plus tôt, en s'avançant à la barre, la blonde animatrice avait demandé que son mari sorte de la salle parce qu'elle se sentirait plus à l'aise et serait moins émotive. Ce que M. Péladeau a fait.

En préambule, Julie Snyder a parlé de son propre parcours professionnel, de l'âge de 16 ans à aujourd'hui. Un parcours jalonné de succès éclatants dans le milieu de la télévision et de la production. Aucun patron n'a jamais parlé comme M. Lafrance. «Ce n'est pas un animateur de radio-poubelle, c'est le VP de Radio-Canada», a-t-elle dit. Selon elle, la déclaration de M. Lafrance a engendré un «festival du buffet ouvert des injures».

Vidéotron et voyou

En après-midi, le PDG de Vidéotron, Robert Dépatie, a été appelé à la barre pour parler de l'impact que cette affaire avait eu sur Vidéotron. Spécialisé en image de marque, M. Dépatie s'est quelquefois lancé dans des explications sur l'entreprise. «Vous n'êtes pas ici pour vendre quelque chose. Prenez votre temps, soyez calme... Il ne faut pas en rajouter», l'a sermonné le juge. En fin de compte, ce qui ressort, c'est qu'une dizaine d'abonnés de Vidéotron ont envoyé des lettres de mécontentement à l'époque. Le juge Claude Larouche, a vite ramené le débat à l'essentiel.

«Il est où, le mot voyou, là-dedans?» a-t-il lancé du tac au tac. Je ne vois pas le mot voyou. La cause, ici, c'est ça. Ils (ceux qui envoyaient les lettres) se plaignent de votre approche parce que Quebecor a arrêté de payer le Fonds. Moi, je ne suis pas ici pour savoir ça», a lancé le coloré magistrat, âgé de 72 ans - et non de 74 ans, comme il a tenu à le préciser en début d'audience. Le procès se poursuit lundi.

> Sophie Cousineau: La réputation ternie de Pierre Karl Péladeau




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