Grabuge au centre-ville: les commerçants amers

Quelques commerces du centre-ville ont vu leur vitrine... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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Quelques commerces du centre-ville ont vu leur vitrine fracassée.

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

La scène était familière ce matin au centre-ville de Montréal. Des employés municipaux qui ramassaient des éclats de verre sur les trottoirs de la rue Sainte-Catherine. Des employés de magasins, en rogne, qui faisaient le ménage de leur commerce dévalisé. Et des fans déçus.

La victoire des Canadiens hier soir qui a dégénéré et s'est soldée par l'arrestation de 41 personnes laisse un goût amer dans la bouche de plusieurs personnes.

À commencer par Terry, à l'emploi du propriétaire de l'immeuble qui abrite les magasins Foot Locker et Marciano, deux des trois endroits vandalisés. «Ce ne sont pas des amateurs de hockey qui ont fait ça, mais plutôt des croches, des sauvages et des criminels!», peste ce gestionnaire.

Outre ces deux boutiques, une succursale de la Société des alcools du Québec a aussi été prise d'assaut par les vandales.

Les employés des commerces voisins interrogés ce matin estiment l'avoir échappé belle, mais retiennent leur souffle en vue de la poursuite des séries éliminatoires. «Il faut plus de policiers! On s'attend au pire, mais on ne peut rien y faire», soupire Afid, assistant-gérant chez Browns, le magasin voisin des boutiques vandalisées.

Les partisans interrogés cachaient mal leur déception ce matin sur la rue Sainte-Catherine. «On peut faire du bruit sans tout casser!», lance l'un d'eux, vêtu d'un chandail du CH.

Un peu plus loin, Rana Alshehri raconte avoir fêté au centre-ville hier, mais être partie lorsque la tension s'est mise à monter. «Les gens grimpaient dans les arbres, poussaient. Je me demande ce qui va se passer si on gagne la coupe Stanley, ça va être dangereux, les gens vont devoir se terrer chez eux», estime la jeune femme.

Au début des hostilités, les casseurs, estimés à environ 500 par les policiers, ont d'abord fracassé la vitrine d'une succursale de la SAQ à l'angle des rues Sainte-Catherine et Stanley, avant de la mettre à sac.

Quelques minutes plus tard, les vitrines du magasin Foot Locker et de la boutique de vêtements Marciano, rue Sainte-Catherine, ont volé en éclats, à coup de bâtons et de bouteilles de bière.

Un dénouement en queue de poisson compte tenu qu'une foule d'environ 50 000 partisans en liesse avait envahi le centre-ville. «Tout se déroulait pourtant bien jusqu'à environ minuit. Des gens se sont alors transformés en criminels, en casseurs et s'en sont pris à nos policiers, en plus de faire du pillage», raconte ce matin Sylvain Brouillette, assistant directeur aux opérations au Service de police de la Ville de Montréal.

Lorsque les choses ont commencé à s'envenimer, le SPVM a immédiatement donné l'ordre d'évacuer la rue Sainte-Catherine, où plusieurs trouble-fêtes défiaient toujours les forces de l'ordre. Les casseurs ont lancé une pluie de projectiles aux policiers, notamment des bouteilles de bière. Deux policiers ont subi des blessures mineures et un cheval de la cavalerie a subi une coupure.

Les policiers ont largué au moins dix bombes de poudre irritante pour disperser les vandales.

Comme les commerçants interrogés ce matin, la police ne croit pas que les dégâts portent la signature des partisans du Tricolore. «Ce sont des gens organisés, qui avaient une idée bien précise. Pas des gens avec des chandails du Canadien», croit M. Brouillette, qui n'écarte néanmoins pas la présence de quelques partisans éméchés parmi les casseurs. «En 2008, 80 personnes avaient été arrêtées après l'élimination des Bruins et personne n'avait un billet pour assister au match dans les poches», souligne M. Brouillette.

La mer humaine qui a déferlé hier au centre-ville a évidemment été gonflée par la présence des 20 000 spectateurs qui ont regardé le match sur des écrans géants perchés au Centre Bell. Pour la première fois depuis la finale de la Coupe Stanley en 1993, le Canadien a retransmis dans son amphithéâtre un match disputé à l'étranger.

Le SPVM ne croit pas que la présence de ces milliers de partisans euphoriques a ajouté de l'huile sur le feu. «Ce que j'ai vu au Centre Bell, c'était beaucoup des pères de famille et des jeunes enfants. Les gens étaient festifs», indique Sylvain Brouillette, qui ne regrette pas sa décision d'avoir fermé la rue à la circulation. Selon lui, cette stratégie a sans doute permis d'éviter des gestes de vandalisme sur des voitures. Il salue également le courage des centaines de policiers déployés hier soir, qui ont fait face aux projectiles et ont  maté les casseurs en environ sept minutes.

À l'aube de la finale de conférence, M. Brouillette et son équipe vont se réunir aujourd'hui pour faire le point et porter des ajustements à leurs opérations sur le terrain.

Quant aux 41 individus arrêtés, âgés de moins de 25 ans pour la majorité, ils seront accusés de méfait, de vol et d'introduction par effraction. D'autres ont reçu un constat d'infraction pour ivresse sur la voie publique.




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