Le miniputt est un sport, tranche un tribunal

Le propriétaire du Putting Edge à Laval, Joseph... (Photo: David Boily, La Presse)

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Le propriétaire du Putting Edge à Laval, Joseph Zunenshine, a finalement obtenu son permis d'alcool.

Photo: David Boily, La Presse

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C'est désormais officiel: le miniputt est un sport. Un tribunal vient de donner raison à un entrepreneur de Laval à qui une agence gouvernementale refusait un permis d'alcool sous prétexte qu'il n'exploitait pas un «centre sportif».

Depuis quelques semaines, les clients du Putting Edge, dans le Centropolis de Laval, peuvent se rassasier avec autre chose qu'une boisson gazeuse après leurs 18 trous. L'établissement, décoré de couleurs fluorescentes et éclairé de lampes ultraviolettes, leur offre maintenant de la bière et du vin.

«Nous n'allons pas nous transformer en bar, précise le propriétaire des lieux, Joseph Zunenshine. Nous garderons un environnement amusant, que vous ayez 4 ou 104 ans.»

Il a fallu une bataille juridique d'un an et demi pour en arriver là, mais M. Zunenshine peut enfin trinquer à sa victoire. Le Tribunal administratif du Québec a déclaré que son commerce pourrait vendre de l'alcool, contrairement à ce que prétendait la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ).

«Nous savions que nous avions des arguments solides, mais ça a fini par me coûter une fortune en frais d'avocats et en temps, relate l'homme d'affaires, mi-figue, mi-raisin. Je suis une personne persévérante.»

L'affaire a commencé en octobre 2007, lorsque M. Zunenshine a ouvert son commerce. Constatant que 70% de ses clients sont âgés de 18 à 35 ans, il a demandé un permis d'alcool. La RACJ a refusé, arguant qu'il n'exploitait pas un centre sportif au même titre qu'un salon de quilles ou un aréna. La loi autorise ces établissements à servir de l'alcool.

Ni effort, ni entraînement

La Régie a notamment fait valoir que le miniputt n'est pas un sport parce qu'il ne demande aucun effort physique ni entraînement méthodique. Elle a d'ailleurs distingué le « miniputt » du « minigolf » qui, selon elle, nécessite un effort physique.

L'entrepreneur a refusé d'en rester là. Pour faire reconnaître son établissement comme un centre sportif, il a fait la démonstration que le miniputt est bel et bien un sport et fait valoir que la Régie délivre des permis d'alcool à des « centres sportifs » comme des salons de quilles ou de billard.

«C'est un sport reconnu et je le savais, affirme M. Zunenshine. Il est reconnu par des associations internationales, il y a des tournois, bref, il a toutes les caractéristiques d'un sport organisé.»

Le 29 janvier dernier, le Tribunal administratif a finalement tranché en sa faveur. La cour a rejeté les arguments de la Régie au sujet de la distinction entre le miniputt et le minigolf.

«Les différences entre les deux activités paraissent toutefois techniques et non significatives, peut-on lire dans la décision. Le niveau de déploiement d'énergie et d'activités physiques étant équivalent, ces différences ne suffisent pas à disqualifier (le miniputt) comme sport.»




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