Condamnation pour insultes racistes «extrêmes»

Le juge a condamné le responsable d'insultes « extrêmes »... (Photo Sarah Mongeau-Birkett, La Presse)

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Le juge a condamné le responsable d'insultes « extrêmes » à verser 49 500 $ à son voisin en dommages compensatoires et punitifs. Avec les intérêts, le montant frôle les 70 000 $.

Photo Sarah Mongeau-Birkett, La Presse

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Une chicane entre voisins qui s'est transformée en tempête d'insultes racistes « extrêmes » de la part d'un Lavallois - donnant même lieu à une dénonciation à la GRC et à des références au terrorisme - coûtera cher à leur auteur : la justice vient de le condamner à verser 70 000 $ à la victime de ses propos haineux.

Daniel Noël a qualifié son voisin Élie el-Chakieh de membre d'« Al-Qaïda », de « batteur de femmes », de « singe », en plus de lui dire qu'il ne « correspondait pas au portrait » du chic quartier de Laval-sur-le-Lac, où ils habitent tous les deux.

« T'es pas un Québécois, toi... Tu es arrivé ici dans un conteneur », a dit M. Noël, qui a aussi traité son voisin « de pédophile, de pervers et de violeur ».

Élie el-Chakieh, un ingénieur titulaire d'un doctorat et originaire du Liban, a expliqué au tribunal avoir vécu de « l'angoisse, [du] stress, [de] l'humiliation et [de] la profonde tristesse » en raison des insultes proférées par son voisin. C'est grâce aux enregistrements sur son téléphone cellulaire qu'il a pu faire la preuve du type de comportement adopté par son voisin.

« La preuve révèle que M. el-Chakieh », a écrit la semaine dernière le juge Peter Kalichman de la Cour supérieure, a « été victime d'une campagne de harcèlement sans merci de la part de M. Noël et dont le but était de [lui] nuire. La liste des propos insultants de M. Noël est extrêmement longue. Par contre, la quantité des insultes ne choque pas autant que leur caractère vil, odieux et répugnant. »

En plus de proférer ces injures, M. Noël a contacté les ordres professionnels dont font partie son voisin et sa femme, les universités dont ils sont diplômés, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le ministère de l'Immigration, « visiblement pour soulever des doutes quant à leur statut de citoyens canadiens ».

PLAINTES POUR BRUIT EXCESSIF

Le conflit entre les deux hommes remontait à 2002 et prenait sa source dans des plaintes de part et d'autre pour du bruit excessif et des travaux de rénovation menés la fin de semaine. Daniel Noël a d'ailleurs tenté de convaincre le juge Kalichman qu'il n'avait proféré des insultes qu'en réponse à la « provocation » de M. el-Chakieh.

Sauf que « même lors du procès, sans raison aucune, M. Noël continue de traiter M. el-Chakieh de maniaque, de menteur pathologique et de malade mental et il réitère que M. el-Chakieh n'est pas à sa place à Laval-sur-le-Lac », a écrit le magistrat. « Ce témoignage démontre que M. Noël n'a pas besoin d'être poussé à bout pour insulter M. el-Chakieh. »

Le juge Kalichman a condamné le responsable à verser 49 500 $ à son voisin en dommages compensatoires et punitifs. Avec les intérêts, le montant frôle les 70 000 $. « L'intensité, la virulence, la cruauté et le caractère vil et odieux des attaques sont extrêmes », a expliqué le juge.

« Mes clients préfèrent ne pas commenter en ce moment », a indiqué Elisabeth Goodwin, l'avocate des demandeurs. Elyzabeth Lessis, qui représentait Daniel Noël, n'a pas rappelé La Presse. Son client a 30 jours pour faire appel.




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