Projet Mastiff: deux anciens Red Devils condamnés

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Devant le salon funéraire où est exposé le Hells Angels Lionel Deschamps, Dominique Gauthier, troisième au fond à partir de la gauche, discute avec le Hells Angels Sylvain Thiffault.

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Daniel Renaud
La Presse

Deux anciens membres des Red Devils, un club supporteur que les Hells Angels du Québec ont eux-mêmes fermé au début de 2017, ont plaidé coupable à un chef de recel d'argent et ont été condamnés à quelques mois de prison cette semaine.

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Marc Latulippe (au centre, casquette blanche) photographié en novembre 2015 alors qu'il se dirige vers le salon funéraire où était exposé le corps du Hells Angels Lionel Deschamps.

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Marc Latulippe, 30 ans, et Dominique Gauthier, 47 ans, ont été tous deux arrêtés dans l'opération Mastiff par laquelle l'Escouade régionale mixte (ERM) chapeauté par la SQ a démantelé des cellules de trafic de stupéfiants qui opéraient dans l'est de Montréal en novembre 2015. Ils ont été respectivement condamnés à 16 et 15 mois de prison.

Durant l'enquête Mastiff, les policiers ont démontré qu'une somme de plus de 542 000$ a transité dans les mains de Latulippe et de 28 000$ dans celles de Gauthier.

Dans le cas de Gauthier, la Poursuite demandait 27 mois et la Défense, 12 mois. L'avocat de Gauthier, Me Patrick Davis, s'est servi de la cause du membre des Hells Angels Salvatore Cazzetta -libéré de toute accusation dans cette affaire- pour attaquer la crédibilité d'un ancien complice devenu agent d'infiltration pour la police et par lequel les enquêteurs ont amassé la preuve contre Gauthier. De son côté, la procureure de la Couronne, Me Audrey Simard, a argué que dans la hiérarchie de l'organisation, Gauthier occupait un rang plus élevé que celui de Latulippe même si la somme d'argent qui lui a été remise était moindre, mais le juge Pierre Labelle de la Cour du Québec a fixé la peine à 15 mois.

Outre différents objets, des vêtements à l'effigie des Hells Angels ont été retrouvés chez les deux hommes et deux vestes anti-balles chez Gauthier.

Communications encryptées

Par ailleurs, un individu qui louait les appareils de communications encryptées aux membres des cellules de trafic de stupéfiants démantelées dans le projet Mastiff, Richer Talbot fils, a été condamné à un an et demi de prison, avec sursis.

Talbot était le propriétaire du Père du Cellulaire, un commerce situé sur la rue Jarry dans l'arrondissement Saint-Léonard, où les suspects se rendaient pour se procurer des PGP. Un document judiciaire obtenu par La Presse décrit les PGP (pretty good privacy) comme un appareil de type BlackBerry dont les fonctions de caméra et de micro ont été désactivées et par lequel les suspects s'échangeaient des messages. Tous les individus faisant partie du groupe avaient un pseudonyme qui constituait leur adresse courriel. Ils changeaient régulièrement de pseudonyme et d'appareil pour fuir la chaleur policière.

Selon la preuve accumulée contre lui, Richer Talbot changeait les appareils de ses clients sans leur poser de question.

Alors qu'il était enregistré à son insu par l'agent civil d'infiltration (ACI) à la solde de la police, Talbot lui a expliqué comment éviter d'être détecté ou «triangulé» par la police. Il a aussi dit à la taupe que des membres de la cellule de stupéfiants dirigée par Patrick Corbeil lui devaient de l'argent.

Lorsqu'il a commencé à avoir des doutes sur l'ACI, Corbeil a demandé à Richer Talbot de vérifier le PGP de son employé.

«Salut chum sa ces notre ancien employer tu y a activez une machine sort moi ses adresses email qui a dans sa machine jveux savoir si y nous joue dans ldos !!! Tks merci» (SIC), écrit Corbeil dans un message à Talbot intercepté par les policiers.

Lors de la perquisition chez Le père du cellulaire, les policiers ont trouvé des dossiers sur lesquels les noms des clients n'étaient pas inscrits ou alors indiqués par des surnoms. Après l'opération Mastiff, Patrick Corbeil a retourné sa veste à son tour et est devenu témoin repenti.

***

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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